Grandes cultures - 17-11-2017 - Christian Evon
La moissonneuse-batteuse en intercuma, ça marche !
De l'ensileuse à la presse cubique en passant par la moissonneuse-batteuse, la Cuma la Croisière, située à La Bruffière (Vendée), pratique l'intercuma depuis plus de vingt ans avec des groupes situés dans le Finistère et l'Ille-et-Vilaine. “L'idée, c'est de faire des choses qui durent dans le temps”, explique le président, Daniel Guichet.
Thomas Gaudin et Emilien David, tous les deux chauffeurs de moissonneuse, avec Daniel Guichet, le président de la Cuma la Croisière.
Cinq campagnes déjà réalisées
Pour la moissonneuse-batteuse, l'intercuma se pratique avec une Cuma de Saint-Aubin-d'Aubigné, en Ille-et-Vilaine. Les deux Cuma sont distantes d'environ 200 km, ce qui correspond à sept heures de route. “On se partage le trajet et on se retrouve à mi-chemin, à Châteaubriant”, explique Emilien David, adhérent de la Cuma et chauffeur de moissonneuse. “Nous avons quatre machines, qui font une centaine d'heures, et eux nous en prêtent une. Quand on a terminé de battre, on leur ramène leur machine et on leur en prête une.” La machine de la Croisière est une Claas 740 (Lexion), celle de la Cuma d'Ille-et-Vilaine, une New Holland CX 8070. “L'intercuma est basé sur l'échange d'heures, il n'y a pas d'échange financier entre nous. Ce système nous permet d'avoir une machine supplémentaire, sans avoir à l'amortir”, expliquent les responsables. Sans investissement de départ, ça permet de démarrer l'intercuma sans prendre de risque. “Si vraiment ça ne collait plus entre nous, on arrêterait. Tout simplement.”
Quand une de leur moissonneuse part à Saint-Aubin-d'Aubigné, il leur en reste trois, ce qui leur permet de finir tranquillement les moissons. “Comme on fait davantage d'heures qu'eux, on a revu un peu notre organisation. Pour la même surface, ils ont besoin de plus de matériel que nous. Les chauffeurs de chez eux conduisent notre machine, et nous la leur. De part et d'autre, les adhérents sont maintenant bien habitués.” Chaque hiver, les responsables des deux Cuma se retrouvent pour faire le point. “Nous souhaitions avoir un récupérateur de menues pailles, mais eux étaient un peu réticents. Ils ont finalement décidé d'en équiper leurs machines aussi. Quand on a la volonté d'y arriver, c'est tout de suite plus facile”, avance Daniel Guichet.
L’ensileuse aussi
Pour ce fervent défenseur de l'intercuma, l'échange a démarré en 1994 avec l'ensileuse, avec une Cuma de la Seine-Maritime. Il a duré cinq ans. “Les années d'après, on est partis dans le Finistère, à Plouzané, pour une surface ensilée comprise entre 250 ha et 300 ha. Avec nos deux machines à nous, on faisait ici 750 ha, chiffre qui atteignait le millier d'hectares en comptant celle qui partait travailler là-bas”, précise le président de la Croisière. Ce travail en intercuma était rendu possible par le décalage des saisons, le Finistère étant plus tardif que la Vendée.
Le tarif est de 80 €/ha, la volonté des responsables étant de ne pas l'augmenter. “Le prix de l'hectare chez eux correspond au prix de l'heure chez nous”, souligne Daniel Guichet. Pour cette activité, la Cuma finistérienne adhère à la Cuma la Croisière. “La machine leur appartient autant qu'à nous. On a le même capital social.” Le système est bien rodé. “On finit avec une machine pour nos adhérents, pendant que la seconde part dans le Finistère, en moyenne autour du 10 octobre. Cette année, c'était plutôt début octobre”, précise Emilien David. Le transport de l'ensileuse par camion coûte environ 1 000 euros.
Christian Evon
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