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La reprise d'Entremont, ferment de la discorde |
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Selon Coop de France, les négociations "battent leur plein" entre Sodiaal et Entremont. Le mariage a cependant pris du retard. Lactalis pourrait même s'inviter à la noce. |
Un mois de délai supplémentaire pour s'entendre, et rien. Le 30 novembre, l’accord de négociation d’exclusivité entre Entremont et Sodiaal a pris fin et n’a pas été prolongé. Dans ce nouveau contexte, le groupe privé Lactalis pourrait faire une offre. Une éventualité qui a provoqué des levées de boucliers.
Des salariés toujours opposés à une reprise par Lactalis
Les salariés du groupe Entremont Alliance en Bretagne, d'abord. La CGT prévoit des licenciements et des fermetures de sites dans le cas d'une reprise par Lactalis qui générerait des doublons d'usines. A l'inverse, la coopérative Sodiaal est totalement absente du territoire breton. Cette solution est donc privilégiée par les employés.
De son côté, la CFDT dénonce tout simplement la mise à l'écart des salariés dans ce dossier de reprise, piloté par les services du ministère de l'Economie. Alors que le ministre de l'Agriculture appelle à une solution industrielle définitive avant la fin de l'année.
La coopération accuse Lactalis de faire monter la pression
Coop de France, ensuite, monte à la charge. Le syndicat a dénoncé dans un communiqué “les pressions” de Lactalis qui use “de tous les moyens" pour empêcher l’émergence d'un pôle coopératif laitier Sodiaal-Entremont”. Ses démarches auprès des livreurs d'Entremont, assorties d'importantes promesses financières ou ses pressions auprès des pouvoirs publics, démontrent le refus de Lactalis de voir émerger un groupe coopératif concurrent, qui l'empêcherait de dicter unilatéralement ses conditions aux producteurs de lait". Pour la coopération, en choisissant Sodiaal, les livreurs d’Entremont “ont une occasion unique de prendre en main leur destin en devenant propriétaires de leurs usines, exerçant ainsi un pouvoir économique concret, durable et géographiquement équilibré entre bassins de production”.
Les producteurs disent Lactalis oui, Sodiaal peut-être, Entremont non
Mais les producteurs d’Entremont se disent favorables à 85% à des discussions avec un autre repreneur que Sodiaal. Presque autant se disent cependant favorables à la poursuite des négociations avec la coop. Ce sondage a été effectué au cours de huit réunions, auxquelles près de 2000 éleveurs avaient écouté le projet décrit par un représentant du groupe coopératif. Environ la moitié d’entre eux ont répondu à trois questions par bulletin secret. La dernière: “Souhaitez-vous rester chez Entremont Alliance?” a reçu 91% de réponses négatives. L’association des producteurs Aebea juge que ce vote conforte sa propre position. L' Aebea refuse, comme le suggère Sodiaal, une participation des éleveurs à la restructuration d’Entremont-Alliance mais veut “un investissement capitalisé”. Eux espèrent surtout que Sodiaal améliore son offre à leur égard du fait notamment de l’entrée en jeu de Lactalis.
La situation est tendue, et le tableau animé. Pour ne rien gâcher, une autre partie des producteurs (dont Apli et syndicats minoritaires) dénoncent “une main mise” de la FNSEA sur le dossier: les chefs de file de l'association Aebea étant tous des responsables de FDSEA bretonnes.
Lactalis reste de son côté stoïque et silencieux. Selon des revues financières, le groupe n'aura toujours pas fait d'offre de reprise. |

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11/12/2009 |
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