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Manfred Wenz : « Travailler avec la nature" |
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Base 72 a reçu la visite de plus de 200 agriculteurs de la Sarthe et d’autres départements aussi éloignés que la Marne ou le Loiret, à l’occasion de sa journée de formation sur les techniques de semis simplifiées. Manfred Wenz, agriculteur allemand maintenant en biodynamie exposait ses pratiques. |
Manfred Wenz est un agriculteur bio reconnu internationalement. Il s’est formé sur le tas, dans sa ferme, pas très loin de Strasbourg, de l’autre côté du Rhin. Il commence en reprenant les concepts de l’agriculture conventionnelle. Mais il observe une dégradation de ses sols et une baisse des rendements. Alors il décide de passer à l’agriculture biologique. C’est pire : les rendements plongent et les parcelles sont envahies d’adventices. Alors il invente, il cherche, il tâtonne. Et il met au point une conduite viable qui s’adapte aux conditions de l’année. Il s’appuie sur le travail de la faune du sol, sur les couverts végétaux, la rotation des cultures et réalise maintenant des rendements très
honorables. Mieux, ses cultures sont moins sensibles aux sécheresses estivales comme aux inondations, moins sensibles aux attaques parasitaires. Et à 70 ans passés, il vient de reprendre un domaine ukrainien de plusieurs milliers d’hectares, en jachère depuis le départ des communistes en 1990, qu’il cultive selon ses méthodes : soigner le semis et récolter ; couvrir le sol 365 jours par an, ne pas exagérer les problèmes d’adventices. « Lorsque je suis arrivé sur les terres d’Ukraine, l’herbe montait jusqu’aux yeux. Aujourd’hui, elle se maintient à la hauteur que je lui laisse atteindre et je n’ai pas eu besoin ni d’un travail profond du sol ni de désherbant chimique. »
Une autre conception de l’adventice
Manfred Wenz propose même le concept de « plantes pédo-thérapeutiques ». Il a constaté, sur une parcelle conduite en agriculture conventionnelle, que laissée en jachère de longue durée cette parcelle n’avait pas porté de rumex tout au long de la première année. La seconde année, la parcelle en avait été envahie. Les rumex avaient alors développé des systèmes racinaires très puissants. La troisième année, les rumex avaient presque disparu. Ceux qui restent présentaient des parties vertes très développées mais un système racinaire modeste avec un pivot droit. Ainsi le sol se serait couvert de rumex le temps d’améliorer sa structure. De même, en observant le salissement d’une parcelle par des ravenelles, il se rend compte que les graines étaient partout mais qu’elles n’avaient donné des plantes que dans certaines zones. D’où l’idée de rechercher les moyens d’empêcher le développement des adventices plutôt que de les éradiquer. Et il met au point des techniques qui permettent de favoriser certaines plantes au dépens des autres : semis sous couvert, semis en même temps d’une espèce basse et d’une culture (blé ou colza dans trèfle, tournesol et caméline - petite crucifère également appelée sésame d’Allemagne ou petit lin), etc. Attention, la pratique est subtile et Manfred Wenz reconnaît quelques ratages retentissants.
Les lombrics agissent la nuit
Avec les vers de terre, l’agriculteur bénéficie d’alliés de grande efficacité. « C’est la DDE et l’usine d’engrais réunies ! » Leurs galeries créent des réseaux de circulation qui permettent une infiltration rapide de la pluie et une installation rapide des cultures par une pénétration facile des racines en profondeur. Leur travail de recyclage de la matière organique est un élément important de la fertilité des sols.
Quelques indésirables
Les limaces aiment les résidus végétaux broyés. Donc pas de broyage au moment de la plus grande activité des limaces. Les limaces ont tendance à choisir la même espèce dans un couvert : « Dans une parcelle envahie de vulpin, j’avais semé en même temps du soja, du maïs et du pois. Le maïs s’est laissé étouffer, les limaces ont dévoré le soja mais n’ont pas touché au pois qui s’est bien développé et s’est imposé par-dessus toutes les plantes. »
Contre les campagnols, l’utilisation des socs à patte-d’oie perturbe un peu les colonies mais le plus efficace, ce sont les oiseaux : rapaces et… hérons (quand il y en a) !
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C. Zapata |
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30/11/2007 |
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