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Herbe - 15-03-2013

Le Cédapa pousse l'herbe depuis 30 ans

Né et resté dans les Côtes-d’Armor, le Centre d’étude pour le développement d’une agriculture plus autonome se bat depuis 1982, à contre-courant de la plupart des décisions politiques et professionnelles, françaises et européennes. Mais fait aussi de nombreux émules.

La performance technique n’est pas une fin en soi, il faut penser global. Porter son regard sur l’efficacité économique de l’exploitation et sur l’impact qu’elle a autour, sur l’environnement, etc.” Le président du Cédapa tient un discours vieux de 30 ans, fondateur de l’agriculture durable. Patrick Thomas s’est pourtant installé en agriculture conventionnelle, intensive. C’est suite à une “rencontre” il y a une vingtaine d’années, que l’éleveur et son épouse vont “progressivement”, “sans tout bousculer”, faire évoluer leur système. “Nous nous sommes spécialisés dans le lait, avons arrêté le hors-sol, réduit de moitié la part du maïs, élargi à 85% la surface herbagère, puis signé un CTE 1.4”. Un contrat territorial d’exploitation inspiré, comme ensuite des MAE SFEI, du cahier des charges du Cédapa...


Le moteur Pochon

Cette “rencontre fortuite” est celle d’André Pochon, figure de proue de l’agriculture durable, infatigable militant à 81 ans. Président du centre jusqu’en 1996, il en est l’un des sept agriculteurs fondateurs - ils sont 160 adhérents aujourd’hui. Dans ses nombreuses conférences, il se plaît à raconter comment il est revenu du conseil de sa mère qui lui intimait de “suivre le progrès”, en l’occurrence le maïs. “Cela contribue à l’érosion des sols.” Depuis, le paysan a définitivement cru en l’herbe. Et le Cédapa évalue qu’il coûte “cinq fois moins cher de nourrir une vache au pré qu’à l’auge”. L’écusson d’André Pochon, c’est le trèfle blanc. Sa rengaine: que les prairies sont les meilleurs pièges à carbone qui soient, et qu’elles sont donc la meilleure base pour “reconquérir une bonne qualité de l’eau, améliorer la fertilité des sols, lutter contre l’érosion et les gaz à effet de serre”.

Dès ses premiers pas, le Cédapa s’est rapproché des associations écologistes comme Eaux et rivières de Bretagne, jugeant que les élevages intensifs produisaient plus de nitrates que les cultures attenantes pouvaient en absorber - André Pochon fût condamné pour diffamation en 2002 pour avoir expliqué au Monde que les calculs d’extensions des porcheries avaient été modifiés en dépit de l’intérêt commun.


Suzanne Dufour, Patrick Le Fustec, Alain Huet et Robert Hamon, Dominique Le Calvez et Patrick Thomas: tous les présidents successifs du Cédapa sont ses élèves. André Pochon a véhiculé ses idées dans des livres (1) et poussé les portes des instituts de recherche (Inra, etc.) et des écoles. Le Cédapa n’a pour autant pas dépassé les frontières de son département d’origine. “Nous n’avons pas vocation à nous agrandir, ni à coloniser les départements voisins”, commente Patrick Thomas. Un réseau s’est néanmoins créé, celui de l’agriculture durable, le RAD. “Nous pensons que c’est aux agriculteurs de faire les programmes par rapport à leur problématique de terrain.”


La barrière politique

Centre d’accompagnement technique créé pour “pallier les carences des conseils proposés”, le Cédapa s’est toujours gardé de franchir le rubicon des batailles syndicales (3). Jusqu’aux dernières élections aux chambres d’agriculture, quand pour la première fois, il a soutenu une liste, celle de la Confédération paysanne. Une position “exceptionnelle” liée à “l’urgence”. La Chambre d’agriculture 22 ne défendrait pas les systèmes herbagers dans “une approche système”. Il y a juste un an, Pascal Hillion et Nathalie Gouérec signaient un édito acide dans L’Echo du Cédapa, suite à une formation de la chambre sur “la réduction des fuites d’azote”. Ils y dénonçaient un “contre-sens” ambigu. “Loin de nous l’idée de nier les quantités d’azote libérées par le retournement d’une prairie. […] Mais bon, plus on a de prairies, moins on les retourne. […] Ce qui est vrai à l’échelle de la parcelle ne l’est plus à l’échelle du système d’exploitation”.

Le discours de la chambre était taxé d’entretenir “le flou dans la tête de nos collègues agriculteurs qui souhaiteraient aller vers plus d’herbe”. Le nouveau calcul Corpen conduisant à pénaliser les surfaces d’herbe...

“Le combat politique demande de plus en plus de temps et d’énergie”, confie Patrick Thomas. “Cela fait deux ans que nous travaillons sur les normes Corpen, avec des allées et venues au ministère et à Bruxelles.” André Pochon a compris depuis longtemps qu’il fallait être présent au niveau européen pour ne pas laisser à “certains lobbies” la proximité des décideurs. Mais des décisions se prennent encore dans les couloirs. Certes, le verdissement de la Pac est une bonne chose et “Dacian Ciolos a de bonnes idées et des convictions”, juge-t-on au Cédapa. Mais en ces temps d’austérité, qu’en sortira-t-il? En Bretagne, “on racle actuellement les fonds de tiroirs pour financer les MAE SFEI 2013”, image Patrick Thomas.


Le péril blanc

Les grandes idées du Cédapa, c’est quoi? Des animaux à l’herbe le plus longtemps possible ; pour les élevages porcins, des systèmes sur paille. Miser sur des systèmes “autonomes et économiques”, et pour cela, réduire la part de maïs et les coûts attenants. L’idée de base est d’associer du trèfle blanc à l’herbe, ensuite d’autres légumineuses dans les prairies multi-espèces, afin de capter au mieux l’azote. Etre “paysan”, c’est aussi s’interroger sur la répercussion de son système, environnementales et sociale. Ainsi Patrick Thomas, le président du Cédapa depuis 2010, juge que la concentration des exploitations laitières pourrait vite devenir un piège. “La production laitière n’est pas une production comme les autres (porc, volaille). La répartition de l’emploi n’y est pas la même. En pleine période de croissance du chômage, peut-on se permettre de de concentrer encore et d’industrialiser le lait? Les filières bovines en général sont très structurantes pour les territoires au niveau de l’emploi, mais aussi des paysages (haies, tallus, biodiversité, etc.), même s’il est vrai que c’est difficilement quantifiable. Les exploitations en agriculture durable génèrent plus de main-d’œuvre que les systèmes intensifs et l’agroalimentaire!”


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Catégories : Agriculture Herbe

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