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 des moissonneuses”
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Maine-et-Loire - 08-03-2013 - Antoine Humeau

“On ne comprenait pas que je puisse conduire
 des moissonneuses”

Emmanuelle Valteau, est passionnée de conduite d'engins agricoles, elle a parfois dû affronter le regard méfiant d'agriculteurs, quand elle travaillait pour des entreprises de travaux agricoles
 ou le service de remplacement.

Peut-être est-ce ce grand frère âgé de dix ans de plus qu'elle qui lui a forgé ce caractère déterminé. “Il était si exigeant ! Il fallait toujours faire ses preuves, avec lui.” Emmanuelle Valteau sait ce qu'elle veut, et elle fait tout pour y arriver. Elle grandit au milieu des vaches, les aime, mais un soir de traite, à l'âge de douze ans, elle reçoit un mauvais coup de sabot dans le plexus solaire. Traumatisée, l’adolescente devient phobique. “Ce coup de pied a été déterminant.” Fini les vaches, désormais, elle s'occupera du tracteur à la ferme de ses parents.

Quelques années plus tard, elle s'inscrit en BEP puis bac pro agroéquipement. En 2005, le diplôme en poche, elle passe ses permis poids-lourd. Elle nourrit secrètement le rêve de devenir routier, partir sur les routes d'Europe. Pas facile, quand on veut construire une vie de famille. “La conduite, c'est une passion. Ça m'a toujours intéressé de conduire des machines.”


“Quand les gens appelaient,
ils comprenaient ‘Emmanuel’ ”

La voilà embauchée pour une entreprise de travaux agricoles, en alternance. Mais une femme au volant d'une moissonneuse-batteuse, certains ont du mal à le concevoir : “Il y avait des gens têtus, notamment en Mayenne, qui ne comprenaient pas que je puisse faire ce métier.” Et lorsqu'un poste est créé, son employeur de Saint-Florent-le-Vieil préfère recruter un garçon, même s'il n'a pas tous ses permis. “Il m'a dit qu'il avait peur de perdre la confiance de certains de ses clients.”


Elle est alors recrutée pour cinq ans, au service de remplacement de Maine-et-Loire. “Quand les gens appelaient, on leur disait ‘Ce sera Emmanuelle’, et eux comprenaient ‘Emmanuel’, alors ils étaient étonnés de me voir débarquer, ils me regardaient parfois d'une drôle de façon. Mais quand ils remarquaient que j'étais maniaque et consciencieuse, ils me redemandaient, ensuite !”


“Etre féministe ? Surtout pas !”

Elle s'est installée il y a trois ans en élevage laitier, à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-loire), avec son compagnon. Aujourd'hui, elle n'a plus peur des vaches. Sa passion reste la conduite des machines, mais “chez nous le partage des tâches est total, même à la maison pour le ménage.”

Pas question pour autant d'aller militer pour défendre la cause féminine. S'investir dans la commission femmes d'un syndicat agricole? “Surtout pas ! Répond-elle du tac-au-tac. Etre féministe, pour une femme, cela me semble aussi stupide qu'être macho pour un homme”.

En ce début mars, Emmanuelle Valteau est occupée à refaire les clôtures (“à la masse, sans machine”). “Quand mon beau-père me voit en train d'abattre des arbres à la tronçonneuse, il ne me regarde pas de travers !”, s'amuse-t-elle. “Ça évolue ! Ce sont surtout les plus anciens qui ont encore des a priori, mais cela s'efface peu à peu ! Cette méfiance est quand-même de moins en moins présente…”

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