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France - 08-03-2013 - Frédéric Gérard

Dans la filière oeufs, des rebonds difficiles à amortir

En pénurie, il y a un an, la filière se rapproche aujourd’hui des chiffres records de 2010. Pendant ce temps, les prix ont fait le grand écart.Or, il faut amortir les mises aux normes.

L’an dernier, l’Europe courait après les œufs. Aujourd’hui, elle risquerait la surproduction. Loin d’être surpris par ce rebond des volumes, que les entreprises n’ont pas les moyens de freiner, explique Hugues Mongé, responsable production de la filière Glon œufs. “Contrairement à la volaille, on ne peut pas jouer sur la densité, effectuer des vides sanitaires.”


Le danger, note le directeur de l’UGPVB (1), Gilles Guillaume, serait que cette offre abondante empêche que “les œufs produits soient vendus sur le marché coquille, celui qui offre la meilleure valorisation”. Le président du CNPO (comité interprofessionnel) veut calmer tout alarmisme: “2013 est incertaine. Au niveau européen, on aurait même plutôt une petite baisse de production”. Espagne, Italie et Pologne notamment, doivent terminer leurs mises aux normes, mais les statistiques communautaires sont très “imprécises”. “Le secteur de l’œuf a toujours fonctionné par cycles de deux-trois ans, poursuit Philippe Juven. Cela arrive que l’offre dépasse la demande, puis cela se rééquilibre.” Cette fois, il y a des trous dans les caisses.


Changer de modèle ?

Les entreprises françaises ont été fragilisées par le yo-yo des prix de l’œuf. Après un niveau record en 2009, les cours ont chuté en 2010 avant d’exploser en 2012, du fait de la pénurie européenne. Puis, les prix sont redescendus, l’offre française est revenue, les mises aux normes en grande partie réalisées. Les éleveurs, qui ont puisé dans les trésoreries et vu leur coût de revient fortement augmenté, sont désormais confrontés à un effet ciseau. Et la “petite détente actuelle” sur les matières premières ne permet pas d’atténuer le phénomène: “En cumulé, la tonne d’aliments a pris 60 euros depuis mi-2012”, précise Yves-Marie Beaudet, président de la section œufs de l’UGPVB et producteur près de Lamballe (22).


Jusqu’à présent, l’organisation de la filière ovicole a plutôt bien protégé les éleveurs des fluctuations des marchés céréaliers. Les centres de conditionnement, en particulier, épongeaient temporairement l’augmentation de coûts de production avant de négocier des revalorisations de prix en aval. Mais cette répartition pourrait être revue.

En décembre dernier, à Angers, Gilles Huttepain préparait psychologiquement les producteurs: “Si en janvier, aucune nouvelle hausse n’est passée à la grande distribution, nous serons contraints de demander une participation aux éleveurs”. Une éventualité à relativiser, en fonction des différents types de contrats (2). “Pas le choix”, insistait le patron d’industrie: aucun des maillons de la filière n’a la capacité de compenser la moitié du surcoût des matières agricoles, soit 300 millions d’euros.


Dès 2011, les groupements ont tiré la sonnette d’alarme. Mais aujourd’hui comme hier, difficile de passer des hausses aux distributeurs, qui margeraient pourtant autour de 20% sur leurs rayons œuf. Une éventuelle surproduction leur indique d’ailleurs qu’ils ne risquent pas de manquer de marchandise.

Et tout celà, sans compter , “certaines entreprises commerciales qui jouent la baisse pour prendre des parts de marché en rayon”, indique Yves-Marie Beaudet.

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