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France - 08-03-2013 - Frédéric Gérard

A la recherche de la formule magique

Economistes et nutritionnistes décryptent les marchés pour ajuster l’aliment des pondeuses.

Depuis le début des années 2000, la planète connaît une accélération des échanges et des informations, grâce à Internet. Les matières premières agricoles se trouvent au cœur de ces mutations. Ce qui ne devrait pas s’arranger, analyse Patricia Le Cadre, du Céréopa (1). “Avec une population en augmentation constante, le monde est entré dans une gestion de pénurie.” Et la spéculation s’en mêle. “La financiarisation des matières agricoles va ancrer la volatilité dans le temps. Avec parfois la perte de lien entre les valeurs des matières premières et le marché physique.” Il arrive même, souligne Patricia Le Cadre, que la marchandise coûte plus chère aux opérateurs que ce que les cours n’indiquent à Chicago…


L’utilisation de nouvelles matières

Face à des marchés plus complexes, la filière va devoir être plus inventive, et les éleveurs, s’impliquer davantage dans la constitution de valeur ajoutée. “Etre très bons techniciens, comme on leur a toujours demandé, ne suffit plus”, insiste Patricia Le Cadre. Car 90% de la formule aliment pondeuses dépendent de ces marchés.

Parmi les solutions, les nutritionnistes proposent des substitutions et font la chasse au gaspillage. C’est le travail du CCPA (2). “Régulièrement, on se repose la question de la variabilité des composants alimentaires”, indique Marina Panheleux, ingénieur volailles­. “La recherche végétale évolue aussi beaucoup.” Pour s’adapter aux variations, les formules se multiplient. Les coproduits des biocarburants sont de plus en plus employés. Drêches de maïs ou de blé élargissent la palette des possibles. Les tourteaux de tournesol également. Comme les tourteaux de colza qui, jusqu’à une période récente, n’étaient pas “acceptés” par les poules: “Cela donnait une odeur de poisson aux œufs”, difficilement commercialisables... Cette “déficience du travail génétique” a été résolue.

Se passer du soja,“c’est possible...”

Produire autant et aussi bien à moins cher, l’équation n’est pas simple. “L’énergie reste la dépense prioritaire (65% de la formule), mais les coûts protéiques (25%), plus volatils, ont augmenté plus vite ces dernières années”, précise Patricia Le Cadre. “On sait produire des œufs en quantité et de qualité équivalente avec ou sans soja, poursuit Marina Panheleux­. La question est surtout de savoir qui serait prêt à payer la différence de prix ?” D’après les cotations de janvier 2013, la formule serait 2 % plus chère sans soja.


La balle est en partie dans le camp des consommateurs. Mais ceux-ci ne voient pas tout des efforts de rentabilité entrepris. La recherche travaille ainsi beaucoup sur la digestion des aliments. “On maîtrise aujourd’hui très bien les besoins de la poule. C’est un animal très mathématique, elle s’adapte très bien aux aliments qu’on lui donne à transformer. Mais on cherche toujours la digestibilité optimum.” On en connaîtrait ainsi davantage que sur l’alimentation humaine, mais cette précision permet de gagner en productivité. Le CCPA estime qu’une poule malade réclame un tiers de temps supplémentaire. “Une poule qui ne se porte pas bien, cela ne va pas jouer sur la qualité des œufs mais surtout sur la quantité: elle ne pondra qu’un jour sur deux, ou plus du tout...” En 35 ans l’amélioration génétique a permis une réduction de 24 % des intrants nécessaires à la production d’un œuf.

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