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Maine-et-Loire - 08-02-2013 - Antoine Humeau

Les vieux tracteurs redémarrent avec Henri

COLLECTION

Henri Piou, ancien agriculteur de 78 ans à Saint-Macaire-en-Mauges (Maine-et-Loire) collectionne les vieux tracteurs. Il en possède environ une cinquantaine, dont une vingtaine “qui pètent”. Portrait.

C’est un fatras indescriptible. Quatre ou cinq hangars, peut-être six, remplis de vieux tracteurs, de pièces, de moteurs. Pas un centimètre de libre pour passer entre les engins. Dans cette ancienne ferme de Saint-Macaire-en-Mauges, Henri Piou accumule depuis des dizaines d’années. Combien y en a-t-il ? Quarante ? Cinquante ? Soixante ? Lui-même ne connaît pas le chiffre exact. Sa collection, c’est l’œuvre de toute une vie.


L’ancien agriculteur a conduit très tôt son premier tracteur. Et si sa véritable vocation était finalement la mécanique ? Dans les Mauges des années cinquante, ils étaient peu nombreux à posséder un tracteur. “Les petits gris, les Massey-Ferguson, ça coûtait le prix d’une paire de bœufs.” Son père, maraîcher, “avait ramassé pas mal d’argent avec les légumes”. Alors c’était l’un des premiers à s’acheter une voiture, dès les années quarante. “Dès l’âge de quatorze ans je la démarrais et je faisais des petits tours, j’aimais ça, conduire, j’étais fou de mécanique.” Une Peugeot 402 commerciale, puis une Arronde neuve : 650 000 F (anciens), “le prix de trois petites génisses”. Le jeune adolescent se voit offrir un vélo de compétition, “huit vitesses et un compteur”. Puis une mère lapine, pour la mettre au mâle afin de se faire un peu d’argent. Les sous lui permettent de s’offrir un Gitan, sorte de Mobylette avec lequel il s’en va retrouver sa future épouse Jeannette aux herbiers. Quarante kilomètres, 80 km aller-retour.


Transmission d’une passion

1954, son père commande son premier tracteur, un Lanz. Il faut attendre un an pour la livraison. Mais il décède entre-temps. Henri, l’aîné des six enfants, a alors 20 ans, lorsque le tracteur arrive enfin à la ferme. Il passe tous ses permis. C’est lui désormais le chef de famille. Et le chef du tracteur. Son père lui a légué, avant de mourir, sa passion pour les engins motorisés. Un héritage dont il n’est pas question de se séparer.


“J’aurais aimé être garagiste”, confie-t-il. Mais vendre la ferme, cela ne se faisait pas, et les frères et sœurs ne voulaient pas la reprendre. Le nouveau chef d’exploitation s’achète une 2CV, puis une 4L. Quant aux tracteurs, il commence par un Société française 45CV, vers 1967. “Je l’ai acheté quand je suis passé à la bio. J’ai travaillé 30 ans avec, il marchait à l’huile lourde mais je mettais du gasoil.”


A 78 ans, Henri Piou n’est plus agriculteur depuis longtemps. Il n’a pas réussi à transmettre son exploitation à ses enfants, mais sa passion pour la vieille mécanique, il a su la communiquer au cadet de ses trois enfants. Bruno, cadre chez Catimini, possède quelques vieilles voitures et motos, et participe à la collection de son père. “Ce qui me passionne, c’est de les remettre en route”, témoigne-t-il. “Il les répare, et le week-end il fait des tours avec. Avec lui, faut que ça pète, il aime les faire péter.”


Acheter, ne jamais vendre

Les deux hommes dégotent les engins par le bouche-à-oreille, dans les vide-greniers ou en feuilletant des publications spécialisées (“je suis abonné à Tracteur rétro”). Pas question de les repeindre, “on préfère les avoir dans leur vieux jus”. Qu’ils soient complètement rouillés ou que les phares soient cassés semble peu soucier Henri Piou. Les plus anciens, aux roues de fer, datent des années vingt. Les plus récents ont une trentaine d’années. Ses préférés sont les Société française et les Lanz. La nostalgie, sans doute. La collection reste peu orthodoxe : certains engins sont en double ou en triple, d’autres ont une valeur toute relative. 


Mais pas question de vendre quoi que ce soit . “Notre truc c’est d’acheter, pas de vendre.” Il y a une trentaine d’années, il avait cédé un Société française 650 (le plus gros) en Belgique au prix de 35 000 francs. Aujourd’hui il en vaudrait près de 30 000  euros, estime le collectionneur, amer. “Je me suis bien fait baiser ! Faut-il être con !” Alors fini, les ventes.


Mais que faire de tous ces engins ? “C’est bien beau d’acheter, mais il faut les rénover ! peste sa femme. Il ferait mieux d’en avoir moins et que ça pète !” Oui, mais il faut du temps et de la place pour rénover tout cela. Et “il y en a quand même une vingtaine qui pètent, quand même !” se défend Henri. Bruno en sort de temps en temps pour participer à des fêtes des battages ou à des rassemblements de vieux tracteurs. “Ce sont deux fous ! s’amuse Jeannette. Vous les verriez travailler ensemble ! Bruno voudrait avoir fini avant de commencer, et son père l’aide un peu sur la mécanique”. “Les Société française, mon père les connaît par cœur, puisqu’il a travaillé avec toute sa vie”, raconte Bruno.

Une transmission de savoir-faire, pour pérenniser une collection et une passion.


Antoine Humeau

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