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Sarthe - 26-08-2019 - Frédéric Gérard

Un député pro-Ceta fait l’impasse sur les comices

SARTHE

C'est une première en Sarthe, et l'illustration du climat délétère qui règne entre une partie de la population et les représentants politiques : un député, Damien Pichereau, a annoncé qu'il ne se rendrait dans aucun des cinq comices de sa circonscription. Il est le seul député sarthois à avoir voté pour le Ceta.

Damien Pichereau préfère jouer la sécurité et ne pas se déplacer aux comices. Pro-Ceta, il a livré ses arguments par courrier.

Damien Pichereau préfère jouer la sécurité et ne pas se déplacer aux comices. Pro-Ceta, il a livré ses arguments par courrier.


Député LREM de la 1e circonscription de la Sarthe, Damien Pichereau est le seul des cinq députés de son département à avoir voté pour le Ceta, le 23 juillet à l'Assemblée Nationale. Ce qui lui vaut “une recrudescence des menaces ces dernières semaines”. Plutôt que d'aller sur le terrain défendre le traité de libre-échange avec le Canada, le jeune parlementaire (31 ans) préfère s'abstenir — dont la première fois, des 16 au 18 août au comice de Rouez-en-Champagne — afin “d'éviter tout risque d'incident”.

Le président de la FDSEA 72, Denis Pineau, regrette le choix du député de ne pas se déplacer, affirmant : “Je n'ai jamais vu des discussions mal tourner lors d'un comice. Je ne vois aucun risque à ce que M. Pichereau rencontre des agriculteurs sur un comice” (sur France Bleu le 19 août). De son côté, l’élu considère que les comices doivent demeurer des “moments de fêtes” et ne pas se transformer en “lieux de débat politique”. L'an dernier, lors de comices, “des débats houleux” avaient opposé des agriculteurs au député, ces fois-là au sujet des Egalim. Sans aller plus loin. Un an plus tard, les forces de l’ordre prendraient les menaces à son encontre plus au sérieux.

“Des menaces de mort”

La fédération départementale du mouvement LREM a officiellement dénoncé les “menaces de mort” adressées à Damien Pichereau. Ce ne sont pas les premières, qu'il s'agisse de courrier ou de Twitter. Le 16 février dernier, sa permanence du Mans a été entièrement saccagée en marge d'une mobilisation des “gilets jaunes” (et fermée deux mois). Damien Pichereau précisait alors recevoir “des menaces de mort” depuis déjà “plusieurs semaines”. Le 7 janvier, ce sont des agriculteurs qui s'en étaient pris à sa permanence — l'élu se défend de faire l'amalgame entre un saccage et des autocollants syndicaux et de la peinture sur la façade, etc. Il arguait alors : “Je n'ai jamais refusé un rendez-vous. [...] J’ai eu l'occasion de rencontrer des représentants des FDSEA et des JA à plusieurs reprises [...] Nous étions en train de travailler à une rencontre sur la fiscalité agricole et les problématiques liées à l'étiquetage.”

Le Ceta : “92 tonnes importées en 2018”

Dans un courrier adressé mercredi aux maires, organisateurs de comices, représentants agricoles, etc., Damien Pichereau évoque son absence aux comices et “son amour du monde rural”. Il y défend son vote pour le Ceta : “Seules 92 tonnes de viande bovine canadienne ont été importées en France en 2018, sur 258 000 tonnes de viande importées au total !” Et “seules 36 exploitations sur 70 000 sont en capacité d'exporter vers l'Europe”. Or, poursuit-il, “le Ceta est en vigueur [à titre d'expérimentation] depuis deux ans”. Ce qui s'est traduit, liste-t-il, par un recul des importations canadiennes “de 1,9 %, du fait notamment de contrôles plus nombreux”, et par “une hausse de 7 % des exportations françaises à destination du Canada en 2018”, bénéficiant à plusieurs secteurs, dont la filière agricole, avec “une augmentation de 93 millions d'euros des exportations agricoles françaises vers le Canada, soit plus 15 %”. “Cela profite en particulier à la filière laitière (+20 %)”, souligne le député. Clamant que “notre réglementation interdit l'emploi d'OGM et la consommation d'activateurs de croissance”.
Damien Pichereau explique être en revanche opposé aux accords avec le Mercosur, qui “en l’état”, n’apportent
aucune garantie à ses yeux, ni aux producteurs, ni aux consommateurs.

Frédéric Gérard

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