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Europe - 15-04-2019 - Rémi Hagel

Brexit : En Mayenne, les Anglais attendent

Témoignages //// Les Britanniques installés en Mayenne constituent une communauté importante, surtout dans les bocages du nord. Concernés par le Brexit, ils partagent le même dépit face au vote, la même incompréhension face à l’imbroglio politique et la même volonté de poursuivre une vie qu’ils adorent, ici en France.

Lynn Chesters, dans son jardin qu’elle bichonne, à Martigné-sur-Mayenne. Le thé et le jardin restent anglais, mais la résidente installée depuis 2001 est fermement attachée à cette campagne mayennaise.

Lynn Chesters, dans son jardin qu’elle bichonne, à Martigné-sur-Mayenne. Le thé et le jardin restent anglais, mais la résidente installée depuis 2001 est fermement attachée à cette campagne mayennaise.


Saint-Thomas-de-Courceriers, dans le nord-est mayennais : 171 habitants dont 30 Britanniques, soit 17,5 % de la population. Certains sont installés depuis plus de vingt-cinq ans. Le site internet de la commune est entièrement bilingue. Déjà, il y a une vingtaine d’années, France Bleu Mayenne avait annoncé que le village avait changé de

nom pour St Thomas’s town. “Beaucoup y ont cru” jusqu’au démenti : “On était le 1er avril !”se souvient Françoise Rayon, adjointe au maire. Aujourd’hui, “quand on les croise, ils sont tous inquiets à cause du Brexit.‘Qu’est-ce qu’on va devenir ?’” La situation est la même dans les villages alentour, selon cette agricultrice.


Tous inquiets


Même son de cloche à EuroMayenne. L’association œuvre depuis près de trente ans à l’accueil des ressortissants européens : les trois quarts de ces 260 adhérents sont anglophones... Lynn Chesters est de ceux-là. Elle s’active pour organiser des sorties, des randonnées, afin de découvrir la Mayenne et de discuter avec des Français. Le Brexit ? “C’est terrible!” “Ils sont tous inquiets” appuie Nicole Devel-Laigle, présidente de l’association. “Certains ont anticipé leur demande de carte de séjour, mais d’autres ne l’ont pas fait...” Lynn Chesters possède déjà un titre de séjour, mais s’interroge sur sa couverture sociale future (lire ci-contre). En France depuis 2001, elle n’a aucune intention de partir.


A Saint-Thomas, les élus se sont émus du sort des Britanniques. “C’est bien aussi qu’on essaie de comprendre nos voisins. Alors, on a contacté la Maison de l’Europe pour qu’elle vienne expliquer les conséquences du Brexit” explique Françoise Rayon. La Maison de l’Europe a répondu favorablement... Mais, l’incertitude est telle que la réunion ne se tiendra qu’une fois connues les décisions politiques. Magali Potier, directrice de la Maison de l’Europe à Laval, confirme : “Je suis allée faire le point à Paris. Ils n’avaient pas plus d’information à nous transmettre que ce qu’on sait de l’actualité.” Les services de l’Etat se trouvent tout autant dans
l’expectative.


Quinze maisons à vendre


Localement, il y a beaucoup à perdre. Les Britanniques participent à une économie déjà raréfiée dans ces campagnes éloignées. Certains sont artisans, tiennent des magasins, des bars. Les autres, retraités pour beaucoup, consomment localement et dynamisent le marché immobilier, si précaire en zone rurale. “S’ils ne sont plus là, c’est une quinzaine de maisons à vendre...” glisse par exemple, Françoise Rayon. “Si je devais partir, je ne pourrais plus vendre ma maison, parce que les Français n’en veulent pas. Il y a peu de travail ici” réagit Magaret Roberts. “Si je devais rentrer, j’ai peur pour mes revenus, avec la chute de la livre sterling.” Pour elle, comme pour la majorité des Britanniques installés ici, il est hors de question de partir. Et ce n’est pas qu’une histoire d’argent, mais de cœur. Encore plus pour Margaret Roberts : “Mon mari est enterré ici. Il serait difficile de l’abandonner. Qui lui mettrait des fleurs ?” s’interroge-t-elle dans un français parfait. Installée depuis 2003, elle est impliquée dans la vie locale, elle chante à la chorale de Villaines, à l’église, elle organise du géocaching, fait partie de l’association Culture et loisirs de la Vaudelle. Et surtout, elle donne des cours à des Britanniques et à des Français. Grâce à cette activité déclarée, elle cotise, possède une carte Vitale. Elle a aussi un permis de conduire français. Toutefois, elle a toujours son passeport britannique. “Je n’ai pas entrepris de démarches pour l’instant. Je sais que j’aurais dû. Au fond, j’espère que le Brexit n’aura pas lieu, mais je commence à comprendre que le gouvernement britannique ne va pas changer d’avis...


Rémi Hagel



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