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Mayenne - 28-03-2019 - Rémi Hagel

Ses couteaux ont les courbes de la Mayenne

PORTRAIT

A Saint-Sulpice (53), Antoine Faucheux est coutelier. Installé dans la maison éclusière de Neuville. Il gère aussi le passage des bateaux sur la Mayenne l’été, et les milliers de visiteurs qui passent le pas de la porte de son atelier, pour découvrir ses couteaux aux bois travaillés.


Antoine Faucheux a créé son couteau fétiche pour un concours de fin d’études, lors de son CAP à Tiers, capitale de la coutellerie. Il l’avait conçu en hommage à sa terre natale de Château-Gontier, et l’avait appelé L’Anjou. Lorsqu’il est fermé et vertical, le manche rappelle la fleur de lys des étendards angevins ; à l’horizontale, on dirait un poisson pêché dans la Mayenne, et surtout, lorsqu’il est ouvert, sa forme souple reprend “les méandres qui se trouvent entre l’écluse de Mirwault et celle de la Roche”. Les hasards de la vie l’ont conduit quelques années plus tard à s’installer à l’écluse de Neuville, à quelques kilomètres juste en amont.


Pris pour un fou


Cette histoire n’était pas écrite, et a aussi suivi quelques méandres. Fils de boulangers, Antoine Faucheux a d’abord passé un bac littéraire, puis a démarré des études d’infirmier, pour finalement rejoindre l’unique CAP de France dédié aux instruments coupants et de chirurgie (un second a ouvert depuis). Avec cette formation, il retrouvait sa passion d’enfance. Alors, il passait son temps chez le voisin, mécanicien agricole et maréchal-ferrant. “Je perçais, je découpais. Je prenais plaisir à travailler le métal. Dans ma famille, il y avait aussi un menuisier, un tourneur sur bois. J’aimais autant le bois que le métal.” Le couteau réunit les deux.

A l’issue de ses études, sa femme et lui recherchaient du travail. Sa femme a trouvé la première… en Mayenne. Les emplois en coutellerie sont inexistants ici. “Je n’avais pas d’autre choix que de créer mon activité. Je n’avais rien du tout, on m’a pris pour un fou. Ce n’était même pas la peine d’aller voir la banque.” Antoine a cumulé des petits boulots tout en démarrant son activité d’affûteur.


Avec sa première machine, il a démarché les restaurateurs, les bouchers, mais aussi l’abattoir de Chailland. “On n’imagine pas, mais il y a énormément de choses à affûter : ciseaux à bois, forêts, etc.”. Pendant deux ans, il a acheté petit à petit le matériel nécessaire pour fabriquer des couteaux, et progressivement, il a abandonné l’affûtage.


Succès surprise


Son activité s’est développée, d’abord à Fromentières (sud-Mayenne), et depuis mars 2018 à la maison éclusière de Neuville, à quelques kilomètres de là. Cette nouvelle vie a marqué une accélération. “Entre avril et septembre, on a vu passer 4 500 personnes à l’atelier, soit environ 40 par jour. On a été surpris, je n’avais pas prévu assez de stock. Parfois, il ne me restait que quatre couteaux.” Un beau succès, mais usant, car le coutelier est désormais éclusier : il est sollicitable par les plaisanciers sept jours sur sept, de 9 h à 19 h, pour faire passer l'écluse aux bateaux. “Assurer des journées de dix heures, puis se remettre au travail le soir pour fabriquer du stock, c’est difficilement tenable. On ne refera pas la même erreur cette année.” Cette fois, il aura le stock. Il ajoute avec un sourire : “Mais on va ajouter une difficulté… On va installer une buvette sur le halage.”


La cote à Paris


Antoine Faucheux propose aussi des stages de fabrication de couteau. Cette activité représente aujourd’hui 60 % du chiffre d’affaires. Il accueille une vingtaine de stagiaires chaque mois, et surtout il monte quatre jours par mois à Paris : 550 personnes l’an dernier, dont 92 en novembre ! Ces stagiaires n'absorbent pas deux ans de CAP en quelques heures, mais ils fabriquent leur propre couteau et repartent avec. Ils repartent aussi souvent “avec la fierté d’avoir fabriqué un couteau, qu’on va utiliser tous les jours, soi-même. Un menuisier qui s’était coupé les doigts n’avait plus bricolé depuis deux ans. Le stage lui a redonné confiance en lui. Pour moi aussi, c’est valorisant”.


L’entreprise fait vivre aujourd’hui deux personnes.


Rémi Hagel


Pour en savoir plus

www.coutellerie-maine-anjou.fr

06 14 73 57 30

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