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Sarthe - 30-11-2018 - Nathalie Barbe

En Sarthe, “les élus ruraux sont découragés”

Vie rurale

Fatigués, dépossédés du pouvoir de décider et d’agir : 72 % des élus ruraux sarthois ne souhaiteraient pas se représenter aux municipales de 2020. Première cause de leur découragement : l’intercommunalité.

Dominique Dhumeaux préside l’Association des maires ruraux de la Sarthe. Cent six communes de moins de 3 500 habitants y adhèrent.

Dominique Dhumeaux préside l’Association des maires ruraux de la Sarthe. Cent six communes de moins de 3 500 habitants y adhèrent.


La plupart des élus ruraux sont arrivés en covoiturage, voire à pied pour le maire de la Chapelle-d’Aligné qui accueillait, samedi dernier, l’assemblée générale des Maires Ruraux de la Sarthe (AMR 72). Sur leur route, quelques gilets jaunes. “Qui mieux qu’un élu municipal peut diagnostiquer le mécontentement des citoyens ?” rappelle le président Dominique Dhumeaux, maire de Fercé-sur-Sarthe. “En huit ans et trois majorités successives, nos alertes sont restées sans résultats. Nous, on savait ! Maintenant les gens sont dans la rue, on les voit !” Ce malaise de la population est aussi celui des élus ruraux victimes de la “désintégration” de l’échelon local. Selon un sondage réalisé par l’Association des maires ruraux de France (AMR), 62 % d’entre eux ne se représenteraient pas aux élections municipales de 2020. “En Sarthe, c’est 72 % des sondés” [200 réponses retournées] annonce Dominique Dhumeaux. “Ce résultat inquiète le préfet.”

Redonner du pouvoir aux communes

Parmi les raisons de ce renoncement, l’intercommunalité arrive en tête avec 60 %. “Toutes nos compétences sont passées à l’Intercom. A quoi servent nos communes ?” peste Dominique Amiard, maire de Cures et vice-président de l’AMR 72. Le transfert des compétences “eau” et “assainissement” étant le dernier coup de grâce porté par le gouvernement cet été. Les contraintes quotidiennes supportées dans un quasi-bénévolat, et l’étranglement financier avec la baisse des dotations, sont source de lassitude. “J’ai perdu 20 % de ma capacité  d’autofinancement” témoigne Dominique Amiard. “Je n’ai pas encore mis un centime sur mes 23 km de voiries !” “De très petites communes sont privées de fonctionnement” ajoute Gérard Clément, maire de Gréez-sur-Roc. Les élus ruraux sarthois plaident pour plus d’équité. “Le calcul du potentiel financier ‘de base’ (1) est dramatiquement dangereux pour notre avenir. Il doit revenir aux communes” tempête le vice-président de l’AMR72.

Introduire plus de démocratie

Pour mettre fin à la “toute-puissance” des intercommunalités, Dominique Dhumeaux suggère d’introduire “un peu de démocratie dans leur gestion” avec la création d’un conseil trimestriel des maires. “L’intercommunalité doit être un lieu d’échange et de collaboration et non pas un lieu de décision pour une supracommune.” En attendant que “les choses bougent”, les élus ruraux envisagent de boycotter les résultats des élections européennes de 2019. Pour se les procurer, la préfecture devra envoyer un coursier. Un acte symbolique pour prouver l’utilité des petites communes dans le processus démocratique.

Nathalie Barbe

(1) Le potentiel financier “de base” est un “indicateur de ressources” qui prend en compte les ressources fiscales et la part forfaitaire de la DGF versée par l’Etat. Il mesure la capacité d'une collectivité à mobiliser des ressources régulières pour faire face à ses charges.


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