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Pays de la Loire - 02-11-2018 - Christian Evon

Métam-sodium : les Maraîchers nantais mis devant le fait accompli

Avant d'entrer en conférence de presse, vendredi 26 octobre, les Maraîchers nantais ont appris que le métam-sodium était suspendu jusqu'au 31 janvier 2019. Ils annoncent une baisse de production de mâche pour la campagne en cours.

“Il est important de bien refermer le sol afin que le gaz y soit cloisonné”, le rouleau lisseur empêche tout dégagement de gaz.

“Il est important de bien refermer le sol afin que le gaz y soit cloisonné”, le rouleau lisseur empêche tout dégagement de gaz.


Le métam-sodium n'est pas un produit anodin mais pour autant, il ne présente aucune dangerosité pour le consommateur”, a lancé Philippe Retière. “Les producteurs l'utilisent pour désinfecter une couche superficielle du sol d'environ 10 cm. Et contrairement à ce qu'on entend un peu partout, il ne stérilise pas les sols.” Prenant pour la première fois la parole après la survenue des cas d'intoxications dans le Maine-et-Loire, la Fédération des maraîchers nantais (FMN) a expliqué comment le métam-sodium était utilisé et les conséquences économiques s'il était définitivement interdit. Dès les premiers cas apparus en Maine-et-Loire, la FMN a réagi, mais en interne. “Nous avons attiré l'attention de tous nos producteurs sur les conditions d'utilisation du métam-sodium.”

“C'est un produit solide, soluble dans l'eau” a rappelé Brigitte Pelletier, la directrice du Comité départemental de développement maraîcher. Seuls les applicateurs peuvent se trouver exposés au produit, d'où l'obligation de porter un équipement de protection individuelle. Sous l'effet de l'eau et de l'oxygène, l'hydrolyse se passe en quelques heures et c'est le composé soufré que dégage le métam-sodium, le MITC, que l'on peut sentir. “Il est important de bien refermer le sol afin que le gaz y soit cloisonné. Si le produit est mal appliqué, le public peut le détecter en quelques heures dans l'air.” Et c'est bien là tout le problème.

Désinfection à la vapeur : plus chère et très gourmande en temps

L'arrêté de 1999, qui définit les modalités d'application du métam-sodium, a été co-construit en Loire-Atlantique par les producteurs avec l'administration. “L'un des points clés du dispositif est la formation des applicateurs, instaurée à notre demande, avec des mises à jour obligatoires. Tous les cinq ans, ils doivent suivre un rappel de la formation, qui va au-delà du Certiphyto. Depuis 2000 nous avons formé un millier d'applicateurs, et les premiers retours de nos contrôles réalisés en interne sont très satisfaisants”, insiste Philippe Retière. L'arrêté qui s'applique en Maine-et-Loire, beaucoup plus récent que celui du département voisin, n'a pas été scrupuleusement respecté, les conditions climatiques exceptionnelles de cet automne favorisant les émanations du gaz alentour.

Le métam-sodium est utilisé en planches, avec un système qui l'injecte directement dans le sol. Derrière le tracteur, le rouleau lisseur empêche tout dégagement du gaz. “J'utilise à la fois le métam-sodium et aussi la désinfection du sol à la vapeur”, explique Bertrand Redureau, maraîcher à La Chapelle-Basse-Mer, qui produit à la fois en conventionnel et en bio. Mais cette seconde technique est très gourmande en carburant et il faut compter une quarantaine d'heures par hectare. Quand l'application du métam-sodium revient à environ 2 000 €/ha, la désinfection à la vapeur coûte le double.

Sans en connaître encore le niveau, les Maraîchers nantais annoncent une baisse de production de mâche cette année, alors que la préparation de leurs sols repose majoritairement sur le métam-sodium jusqu'au mois de novembre. Avec en plus la sécheresse, une partie des surfaces ne seront donc pas ensemencées. “On regrette cette décision couperet, sans même que l'administration ait discuté avec nous. Si on devait renoncer au métam-sodium, on serait dans une impasse technologique. Il est urgent de remettre à plat le dossier avec la Draaf, certainement la DGAL et si possible l'Anses. Il faut repartir d'une analyse complète des pratiques des producteurs.”

Christian Evon


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