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France - 12-10-2018 - Rémi Hagel

“Il faut un ministère de l'Alimentation”

Champ libre

Guillaume Garot, député mayennais PS, président du Conseil national de l'alimentation.

 Guillaume Garot, député mayennais PS, président du Conseil national de l'alimentation.

Guillaume Garot, député mayennais PS, président du Conseil national de l'alimentation.


La loi EGAlim est votée. Qu'en retenez-vous ?

C'est la loi des occasions manquées. Je ressens une profonde déception, après avoir placé beaucoup d'espoirs dans les Etats généraux de l'alimentation. Les EGA avaient été une réussite, avec une mobilisation forte de l'ensemble des acteurs, avec des propositions innovantes. Le discours du président de la République à Rungis était très intéressant, puisqu'il développait une vision pour l'agriculture et l'alimentation. Hélas, la loi ne répond pas à ces espoirs.

Que manque-t-il ?

Sur le revenu, même si on inverse la construction du prix, le rapport de force reste inchangé. Ce ne sont pas les mécanismes de la loi qui suffiront à assurer des négociations commerciales plus respectueuses des producteurs. Je crois à la nécessaire régulation du marché national par la puissance publique. L'observatoire des prix et des marges doit valider les indicateurs de coût de production. Les interprofessions seules ne peuvent déterminer de justes indices. Si les distributeurs refusent, on aura une situation de blocage et au final, ils imposeront leur loi. Nous avons besoin d'un arbitre pour garantir le respect d'un équilibre.

(Par ailleurs, les dispositions nationales resteront inefficaces tant) qu'il n'y aura pas de régulation au plan européen. On l'a vu avec le lait : quand il y avait des quotas, les producteurs arrivaient à se dégager un revenu. Maintenant qu'il n'y en a plus, on voit les crises, et les prix bas...

Cette régulation n'est pas vraiment à l'ordre du jour...

Oui, un vent libéral souffle, mais il faut bien trouver des solutions. Le marché a trouvé ses limites, le nombre d'agriculteurs diminue. On perd les batailles qu'on ne mène pas. Je suggère que la France (le Gouvernement, aidé des organisations syndicales) prenne la tête de ce combat. Quand on a réduit les volumes laitiers en 2016, les prix ont remonté. C'était d'abord une volonté politique.

Par ailleurs, je propose de mettre en place une conférence nationale agricole et alimentaire, ouverte à toutes les sensibilités. Il s'agirait de faire comme les EGA, pour la Pac. Au début des EGA, il n'y avait pas de consensus sur tout, mais en trois mois, il y a eu des rapprochements, une force, de la nouveauté. On mobilise différents acteurs dans un moment commun, pour dessiner l'ambition pour la Pac du point de vue des Français. Le gouvernement serait plus fort pour aller négocier à Bruxelles.

Et le volet alimentation des EGA ?

Là aussi, une occasion manquée. On ne jette pas les bases d'une politique publique de l'alimentation. Cela ne peut pas se résumer à la restauration collective. J'ai proposé des objectifs pour l'amélioration de la qualité des aliments, en réduisant les additifs, le sel, le gras. J'ai fait des propositions pour l'éducation à l'alimentation, pour encadrer voire interdire des publicités alimentaires à destination des enfants. On n'en retrouve pas de trace dans la loi. On pourrait aussi valoriser les produits français avec un étiquetage environnemental (sans OGM, sans hormones), important quand on verra arriver les produits d'outre-Atlantique. Si nous garantissons la traçabilité et qu'on l'affiche, le consommateur se tournera vers ces produits.

Le CNA a proposé de créer un délégué interministériel à l'alimentation...

Oui, c'est une des propositions, mais ce n'est pas la mienne. Selon moi, il faut un vrai ministère de l'Alimentation, pour appliquer une grande politique de l'alimentation. C'est une question de justice sociale (on le voit, la carte de l'obésité recoupe celle de la précarité), de justice économique, pour bien rémunérer les producteurs, et de justice environnementale (comment produire en préservant notre seule planète ?).

Retenez-vous tout de même des avancées avec la loi EGAlim ?
Oui bien sûr, il y en a : la reconnaissance des OP et le poids qui leur est donné. Uni, on est plus fort. L'encadrement des promotions. L'approvisionnement de proximité et bio en restauration collective, c'est utile. Et une de mes rares propositions reprises : que la restauration collective puisse reverser ses invendus à des associations de solidarité (comme pour les GMS).

Propos recueillis par Rémi Hagel


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