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Herbe - 27-09-2018 - Antoine Humeau

“En passant en système herbager, on a augmenté notre EBE de 50 € les mille litres”

Herbe

A Denée, Paul et Margaux de Montvalon ont mis en place un système herbager et ont entamé la conversion bio au printemps 2017. Ils ouvraient les portes de leur exploitation mardi 25 septembre.

Pour la première fois sur l’exploitation de Paul et Margaux de Montvalon, les génisses pâturent de la chicorée et du plantain, “les seules plantes qui poussent en ce moment”.

Pour la première fois sur l’exploitation de Paul et Margaux de Montvalon, les génisses pâturent de la chicorée et du plantain, “les seules plantes qui poussent en ce moment”.


C’était un élevage productif avec des vaches à 12 000 litres. Et puis la production a plafonné, et peu à peu diminué. “On est passé de 12 000 litres à 7 000 en huit ans, sans changer l’alimentation”, raconte Paul de Montvalon. La cause de tout cela ? des mycotoxines dans l’ensilage de maïs. Un problème “énorme” qui a provoqué la mort d’une trentaine de vaches sur son élevage, à Denée (Maine-et-Loire). L’ancien pilier de l’Apli et de l’Office du lait songeait déjà à faire évoluer son système, et “ces problèmes ont accéléré la décision”. Le cap a été franchi “le jour où on a pris la comptabilité à l’envers, en commençant par regarder l’EBE plutôt que le volume de lait dans le tank”.

Deux ans après l’installation de sa fille Margaux, c’est donc un virage à 180 degrés qui est amorcé, au printemps 2017 : conversion bio, mise en place d’un système herbager. “Je leur ai dit d’augmenter le pâturage parce que c’est plus économique, mais aussi parce que sur des sols très séchants et hydromorphes, le maïs c’est trop aléatoire”, raconte Philippe Doublet, consultant au cabinet de conseil Paturesens. De 40 hectares de maïs, l’exploitation passe à moins de dix. Tout le reste des 88 hectares est en prairies : 50 en fauche, 30 en pâturage. Il met en place un pâturage de précision (tournant) avec des paddocks d’un demi hectare pour valoriser au mieux l’herbe. Une mise place complexe : “Ça ne se fait pas comme ça, il faut mettre les bonnes plantes, connaître les sols et on ne lâche pas les vaches dans la parcelle sans calculer ce qu’elles vont ingérer, on mesure la pousse de l’herbe”, met en garde Philippe Doublet. “Le début de saison c’est compliqué sans herbomètre, on utilise la réglette mais il ne faut pas se rater “ raconte Margaux de Montvalon, qui a “apprécié cela parce qu’on est moins sur le tracteur “.

“ 50€ d’EBE / mille litres en plus”

Les deux associés pratiquent aussi le topping, désormais. Cela consiste à faucher un paddock puis faire consommer cette herbe fauchée quelques heures plus tard par les vaches. Cela permet de réduire les refus. Le déprimage est “ la chose la plus importante“, glisse Philippe Doublet : “Il faut sortir les vaches alors qu’il n’y a pas d’herbe, elles attaquent les nouvelles pousses, 5 à 6 cm suffisent “.

“Au niveau du coût alimentaire, on ne fera jamais mieux que l’herbe”, se dit Paul de Montvalon. “La première année de conversion, on a augmenté l’EBE de 35 000 euros et diminué les charges de 60 000 euros, cela fait une progression de 50€ d’EBE les mille litres en produisant 120 000 litres de moins”. Sa fille est tout aussi enthousiaste : “la meilleure chose qui me soit arrivée c’est le passage en bio !”. Et pourtant, de retour d’un séjour dans une ferme de l’Ontario (Canada) il y a quelques années, elle se serait bien vue appliquer un système très productiviste sur l’exploitation de Denée.

Les prairies sont en place, les clôtures sont posées, mais il reste désormais un autre défi à relever : diminuer le chargement à l’hectare, particulièrement élevé ici (il y a 80 vaches et autant de génisses). “On veut passer de 80 à 40 génisses, avec un objectif de 20% de renouvellement”.

Antoine Humeau


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