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Bovins lait - 08-06-2018 - Antoine Humeau

“Sans les aides Pac, je me prélève 4 000 euros par mois”

Lait bio

A Sainte-Gemmes-d’Andigné, la Ferme de la Fouardière est en bio depuis 2000. Elle fait travailler quatre actifs et dégage du résultat. Elle ouvrira ses portes au public samedi 7 et dimanche 8 juin.

La plus vieille des vaches de Philippe Boullais (ici) a dix-sept ans et quatorze lactations.

La plus vieille des vaches de Philippe Boullais (ici) a dix-sept ans et quatorze lactations.


A l’écouter, Philippe Boullais revient de loin : “Il ne fallait pas me parler de la bio, j’étais un acharné de l’agriculture intensive, en sortant de l’école à vingt ans, en 1985.” Une autre époque. Celle où il était militant CDJA (Jeunes Agriculteurs). “Quand on partait à Rennes aux réunions régionales, il y avait Christiane Lambert et Jean-Marc Lézé à l’avant de la voiture et moi derrière”, s’amuse-t-il. Sur sa ferme, peu après son installation, les vaches étaient productives (8 600 litres), mais il y avait des ennuis sanitaires : diarrhées chez les veaux, mammites chez les vaches. Il passe ses journées à soigner ses animaux, essaie tout ce qu’on lui conseille, sans succès. Jusqu’à ce qu’on l’oriente vers d’autres pistes : diversifier l’assolement, faire des mélanges multi-espèces, réduire le maïs dans la ration, remettre les vaches dehors. Très vite, “les diarrhées et mammites diminuent de 90 %”.
En 1994, il est “convaincu qu’un jour il passera en bio”. Mais son père trouve “qu’on a déjà fait beaucoup de chemin, il ne faut quand même pas exagérer”. La conversion, c’est donc à son départ en retraite, en 2000. Finis les traitements, fini aussi l’ammonitrate qu’il dit “combattre plus encore que les pesticides”. “A partir du moment où on arrête d’épandre de l’ammonitrate, de déséquilibrer la plante, on n’a plus de problème ! Il ne faut pas accélérer la croissance des végétaux avec des engrais minéraux ! On devrait les interdire !”

Trop de génisses, charges élevées

Toutes ses prairies ont des légumineuses et ses cultures d’hiver sont des mélanges d’orge et de pois. Les rendements sont parfois très bons, comme ce mélange orge pois sur 12 ha il y a deux ans, 71 quintaux. “Pour compenser l’absence d’engrais azoté, il faut des mélanges de graminées et de légumineuses dans toutes les cultures.”

Les vaches produisent 5 000 l seulement. L’essentiel est vendu à Biolait, le reste est transformé à la ferme et vendu en direct. “Il y a deux ans, j’ai eu des résultats exceptionnels, 135 000 euros de bénéfice agricole pour un EBE de 190 000 €. Sans les aides Pac, je me prélève 4 000 € par mois.” Mais ses charges personnelles sont élevées, pas le choix. Ces bons résultats, il les explique simplement : “J’ai viré tout le monde !” Terrena, Génoé, l’Upra, le GDS, le contrôle laitier. “Mon fournisseur de semences n’essaie pas de me refourguer autre chose à côté, et mon conseiller culture, AB conseil, est un indépendant, il cherche à me faire faire des économies.” Son troupeau est en croisement absorption Montbéliarde. Ses vaches ont une excellente longévité, ses frais vétérinaires sont très faibles.

Pourtant, tout n’est pas parfait, à la Ferme de la Fouardière. Sur ses 117 hectares, seuls 28 sont autour des bâtiments. Ses vaches doivent faire 2,5 km chaque matin et chaque soir pour pâturer et ses génisses, il les transporte en bétaillère. Il y a aussi beaucoup trop de génisses ce qui le contraint à acheter du foin à l’extérieur. Les charges méca sont élevées, aussi. Enfin, “il y a un manque de protéines dans la ration en hiver”. Ce qui fait baisser la production laitière.

Avoir moins de génisses, réduire les charges de mécanisation. Voilà quelques pistes d’amélioration. Philippe Boullais songe aussi à automatiser la fabrication de fromage affiné, et à moyen terme, faire du séchage en grange pour avoir plus de protéines l’hiver.

Antoine Humeau

A noter => Porte ouverte de la ferme de la Fouardière samedi 9 et dimanche 10 juin à Sainte-Gemmes-d’Andigné. Programme : www.fouardiere.com




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