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France - 08-06-2018 - Frédéric Gérard

Emmanuel Besnier communique et répond aux députés : “Nous avons failli”

Affaire Lactalis

Jeudi matin, Emmanuel Besnier était entendu par la commission d’enquête parlementaire sur les salmonelles trouvées dans la poudre de lait infantile. (Capture d’écran LCP)

Jeudi matin, Emmanuel Besnier était entendu par la commission d’enquête parlementaire sur les salmonelles trouvées dans la poudre de lait infantile. (Capture d’écran LCP)


Stoppée depuis le 8 décembre, l’activité du site de Craon a repris à titre expérimental, sous contrôles renforcés des autorités sanitaires. Pour ces tests, il s’agit de fabrication de poudre pour adultes. Emmanuel Besnier espère une reprise de l’activité poudre de lait infantile, “dès cet été”. “Toutes les garanties sont prises pour que ce redémarrage se fasse avec le maximum de sécurité.” Le PDG de Lactalis évalue les pertes de cette affaire à “des centaines de millions d’euros”. “Mais difficile de donner un chiffre précis avant un an”, a-t-il précisé mardi sur RTL.
“Comment expliquer un tel flottement ?”

Le patron de Lactalis a en effet accordé sa toute première interview audiovisuelle à Marc-Olivier Fogiel, le 5 juin. Deux jours avant son audition devant les députés. Il y a reformulé ses excuses auprès des victimes. “Nous avons failli” a-t-il admis, sans cependant reconnaître la moindre erreur : “C’est un accident”. Les 13 000 analyses n’ayant pas permis d’identifier “la présence de salmonelles dans la tour”. Si Emmanuel Besnier est sorti du bois, c’est qu’il a tiré les enseignements de sa (mauvaise) gestion de crise. “Nous sommes dans une entreprise un peu provinciale, voire rurale”, ce qui signifie “plus tournés dans l’action que la communication. Nous sommes un groupe discret, et cet aspect nous a fortement pénalisés”. Cette discrétion est trop souvent jugée comme de “l’opacité” par l’extérieur, en particulier les médias, constate le dirigeant. “C’est lié à ma personnalité”, explique-t-il, défendant à l’inverse “la transparence envers les autorités”.

Jeudi matin, les membres de la commission d’enquête parlementaire lui ont rappelé cependant sa tentative pour faire annuler cette audition. “Effectivement, en avril, j’étais réservé sur le fait d’être entendu par une enquête parlementaire, dans le cadre d’une enquête judiciaire en cours.” “Vous parlez de l’ouverture d’une enquête judiciaire, mais la fabrication sur le site de Craon a repris avant même les conclusions de cette enquête”, remarque le président de la commission parlementaire, Christian Hutin (l’association des victimes réclame d’ailleurs la suspension des tests et la relance industrielle). “Comment une telle citadelle, avec des compétences à tous les étages, peut-elle expliquer un tel flottement” dans les procédures de rappel des produits, interroge le député d’Ille-et-Vilaine, Thierry Benoit. “Comment expliquer que le ministère de la Santé a dû taper du poing sur la table ?” “C’est inadmissible”, dira en conclusion Christian Hutin.

“Cela a été un choc”

Emmanuel Besnier ne se défausse cependant pas sur un point : “C’est notre mission de mettre sur le marché des produits sains.” Il rappelle sa décision de condamner la tour de séchage n° 1 (il n’y aurait aucune présence de salmonelle, dans la seconde tour, mise en service en 2013). Malgré des ratés dans les rappels de produits, le PDG assure qu’ “aucun enfant n’a été malade à partir du 2 décembre” . C’est la veille que le groupe avait été informé de cas de contamination. “Cela a été un choc”, commente le PDG. Qui se permet “quelques propositions” à la commission qui l’auditionne : “Il faudrait travailler à mieux communiquer avec les distributeurs dans les procédures de retrait de produits”, via “une plateforme nationale unique”. “Et ne faut-il pas abaisser le seuil d’alerte ? Il faut huit enfants malades pour qu’un industriel soit mis au courant” d’un problème sanitaire.
Les députés s'interrogent néanmoins sur une éventuelle légèreté de Lactalis à gérer puis communiquer sur la salmonelle Agona. “Il y a des prélèvements en bas de la tour toutes les 50 secondes je crois.” Mais les analyses sont ensuite confiées à un laboratoire extérieur. “Pourquoi ?” demandent les parlementaires. Toutes les analyses sont réalisées en interne. Sauf les analyses de pathogènes, qui sont confiées à un laboratoire extérieur “depuis au moins vingt ans” afin de ne pas “cultiver ces pathogènes dans l'entreprise”.

Le cas Lactalis devrait faire date dans les mesures de contrôles en agroalimentaire. Quarante millions de boîtes de lait infantile avaient été rappelées, dont 12 millions en France. Le rapporteur Besson-Moreau souligne que dans d'autres secteurs alimentaires des problèmes sanitaires s'étaient avérés plus dramatiques.

Frédéric Gérard


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