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aux productions locales”
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France - 07-06-2018 - Rémi Hagel

Egalim : "La moitié des 7 milliards d'euros de la restauration collective ira 
aux productions locales”

Champ libre

Laurence Maillart-Méhaignerie est députée LREM d’Ille-et-Vilaine, et rapporteure du Titre 2 (Alimentation) de la loi EGAlim.

Laurence Maillart-Méhaignerie, députée LREM d’Ille-et-Vilaine, rapporteure du Titre 2 (Alimentation) de la loi EGAlim.

Laurence Maillart-Méhaignerie, députée LREM d’Ille-et-Vilaine, rapporteure du Titre 2 (Alimentation) de la loi EGAlim.


Huit jours de débats, tardifs, est-ce exceptionnel ?

C’est le quotidien des rapporteurs, c’est un marathon. Ca a été du non-stop depuis le Sia.

L’alimentation touche tout le monde. Peut-être que cela explique le nombre élevé d’amendements ?

Sur les 2500 amendements, moins de 1000 portaient sur le titre 1 (prix agricoles). La majorité portait sur le titre 2 (Alimentation), donc oui, ce sont des sujets très ouverts, de société, qui suscitent beaucoup d’intérêt, et de la passion.

On a évoqué les lobbies (industriels ou ONG). Cela vous a-t-il gêné ?

Je suis sollicitée en permanence, c’est normal. J’ai reçu tout le monde. J'ai aussi reçu des centaines de mails que je n’ai pas lus ou vus. Chacun a voulu apporter sa pierre à l’édifice, mais on ne peut pas reprendre toutes les idées, sinon on aurait des injonctions contradictoires. C’est le rôle du rapporteur : trouver un équilibre, tout en restant fidèle à la feuille de route des EGA. Notamment, nous avons tenu à éviter la frénésie normative. Nous préférons responsabiliser les acteurs que de voir une loi inapplicable. Par ailleurs, la loi ne peut pas tout dire, certaines applications sont d’ordre réglementaire.

Ce positionnement explique ce que des ONG critiquent comme une reculade sur le glyphosate ?

L’engagement est pris pour 2021. D’ici là, nous faisons confiance : les agriculteurs ont conscience qu’il faudra à terme se passer des produits chimiques qui sont mauvais pour leur santé et les détournent des consommateurs. On accompagne une transformation, il ne s'agit pas de faire la révolution du jour au lendemain. Toutefois, responsabiliser ne veut pas dire se passer de contrôles stricts. Il y aura une mission parlementaire et un comité de suivi. S’il faut interdire un produit, il n’y a pas besoin de loi. Sur cette question, l’approche doit être globale. Le glyphosate n’est que la partie émergée de l’iceberg.
On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de mesures dans ce projet de loi. Au-delà des déceptions, il y a eu des enrichissements grâce aux débats.

Comme... ?

On peut citer la séparation de la vente et du conseil, la facilitation d'AMM pour les produits de biocontrôle. J’ai également proposé un amendement pour renforcer la transparence des autocontrôles des industries agroalimentaires.

Les propositions de Grégory Besson-Moreau (1) en lien avec l’affaire Lactalis ont été retirées...

Là, c’est une amorce, pour amener à plus de transparence. Il y avait besoin d’y voir plus clair. Il n’y avait rien dans la loi. On ira peut-être plus loin par voie réglementaire.

Quelle est la principale avancée de la loi pour les agriculteurs, selon vous ?

Pour la partie 2 Alimentation, la plus symbolique est l’article 11, qui enjoint la restauration collective à se fournir à 50% en produits locaux. Les amendements l’ont enrichi : nous avons élargi aux gestionnaires privés (type Sodhexo, ndlr), et pas seulement aux collectivités. On pourra toucher les hôpitaux, les crèches, Crous, etc. La restauration collective est un marché de 7 milliards d’euros. Avec l’obligation de 50% créée par la loi, la moitié ira aux productions locales. On crée un choc.
Une disposition permettra aux acheteurs de se procurer des produits locaux : ils pourront intégrer le coût des externalités environnementales dans les appels d’offre. Cela lie le produit au transport, donc à son empreinte carbone.
Derrière, c’est aux filières de se structurer pour répondre à cette demande. Ce qui manquerait pour compléter, c’est une proposition sur la gouvernance. En Bretagne, Breizh'Alim s’est structurée avec le soutien de la Région. Elle accompagne les gestionnaires, les cuisiniers, etc. Il faut un plan stratégique pour développer les filières locales. Qui pour piloter : Région ou Département ou PAT (projet alimentaire territorial) ? Cela reste à définir.

Propos recueillis par Rémi Hagel

(1) Rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire des laits contaminés.


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