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Bovins lait - 30-03-2018 - Rémi Hagel

Au concours ils amènent cinq races

Printemps des génisses

Au Printemps des génisses, l’EARL Pig No Red de Chailland (Mayenne) présentera dix génisses de cinq races différentes. Anne et Jérôme Darras ont la passion des bovins de haute valeur génétique. Et un dynamisme tous azimuts.

Anne et Jérôme Darras élèvent ensemble toutes leurs vaches sans distinction de race, les vaches de concours avec les autres.

Anne et Jérôme Darras élèvent ensemble toutes leurs vaches sans distinction de race, les vaches de concours avec les autres.


Dimanche dernier, Anne et Jérôme Darras sont rentrés tard de Rennes. Fatigués mais heureux : leur vache Pie Rouge JoliMauve s’est classée championne jeune et réserve Grande championne de l’interdépartemental, comme l’année dernière. Les 6-7-8 avril, ils retourneront sur le ring, cette fois à Château-Gontier (Mayenne) et avec une équipe de dix génisses de cinq couleurs : quatre Holstein Rouge, une Prim’Holstein, deux Montbéliardes, deux Brunes et une Normande. Un profil pas banal. A quelques exceptions près (comme les Angevins du Bois Brillant), les concours mobilisent souvent des amoureux exclusifs d’une seule race.

“J'ai levé la main”

La diversité de races est à l'image de la diversité de leurs engagements : Jérôme est installé avec un salarié en lait, porc et céréales (1). Anne est technicienne pour Jura Bétail en Montbéliardes, mais elle est par ailleurs présidente de May' and Cows, l’association de jeunes de Prim’Holstein 53 !

Flashback sur la constitution de cette troupe bigarrée. Jérôme a été salarié pendant cinq ans chez Alain Dufeu, un éleveur renommé de Normandes. Le jeune homme s’est installé à la suite de son patron, en reprenant son troupeau, en 2015. Mais l'histoire a commencé en 2012 : “Nous étions au Space, on assistait à la vente Elite. Une Pie Rouge ne partait pas. Je ne sais pas pourquoi, j’ai levé la main” raconte Anne. “On n’avait pas de numéro d’élevage. Ils ne voulaient pas qu’on parte avec…” Le couple louait un hectare de terrain pour trois chevaux. La bête, GuiMauve, les a rejoints après la régularisation nécessaire. Passionnés, Anne et Jérôme utilisaient leurs
premières économies pour se payer une vache de prestige.

Dominante rouge

Par la suite, les achats se sont poursuivis au gré des opportunités. “Sur leboncoin, on a vu deux Red Holstein pleines, au prix de la boucherie. L’éleveur avait un surplus mais ne voulait pas les abattre. Ensuite, un ami Mayennais nous a proposé deux énormes vaches. Une Red Holstein et une Noire (facteur rouge). Elles avaient un trop grand gabarit pour son système robot/logettes. Elles sont très bien sur nos aires paillées.” De bouche à oreille, un collègue par-ci, un éleveur par-là proposent de bonnes bêtes, et ils craquent. Anne était inséminatrice et relais Montbéliarde pour Gènes Diffusion. Il fallait bien que des ambassadrices jurassiennes atterrissent en Mayenne. C’est ainsi que cinq Montbéliardes mères à taureau “sont arrivées à minuit le dimanche du week-end du départemental Holstein où on avait présenté quatre vaches !” Il y a quelques semaines, deux génisses Brunes ont rejoint le troupeau. Il compte aujourd’hui 43 Normandes, six Montbéliardes, deux Pie Rouge, six Red Holstein (hors génisses). Un point commun : le rouge domine.

Pas de chapelle

Anne et Jérôme ont la fièvre acheteuse, mais sans excès. “Pour acheter comme pour vendre, la base c’est 200 € + 1,50 € par jour de vie. Le but, c’est de diffuser la génétique, de partager” constate Jérôme. Les querelles de chapelle, ce n'est pas leur truc. “On aime les vaches, mais les bonnes vaches !” Finalement, ils rencontrent des vendeurs et des clients du même état d'esprit. “On finit souvent copains.”

Bonnes vaches, elles le confirment avant tout sur la ferme. “L’important est d’avoir des vaches profondes, avec de bonnes pattes, pour qu’elles mangent tout le temps afin de valoriser le fourrage” décrit l’éleveur. Toutes les races sont conduites ensemble. “Les vaches de concours font le boulot comme les autres. Ce sont des vaches laitières avant tout.” Il a réussi à faire passer le coût de la ration de 2,20 € à 1,80 €/vache/jour, en l’enrichissant, avec cinq ingrédients (méteil, pomme de terre, betterave, trèfle, maïs), et fait progresser la production moyenne de 6650 l de lait brut à 7 700 l sur le troupeau Normandes (2). Seulement 25 ha pour les fourrages (dont 15 de maïs) poussent à une conduite intensive, avec plusieurs cultures dérobées. “Je sème directement après la moisson. Les vaches vont y pâturer dès septembre.” Et pour optimiser, rien de plus efficace que la science du pâturage tournant
dynamique.

20e en Isu

Les résultats techniques sont là. En Normande, l’élevage est classé 20e national en Isu. En Montbéliardes, deux jeunes femelles génotypées viennent de sortir dans les meilleures de France. Quant aux concours, “cela fait cinq ans qu’on se prend des cartouches !” admet Anne. Mais le plaisir est dans “l’ambiance et le partage”. Ils ne veulent pas que cela devienne une contrainte, ni pour la préparation, ni pour la distance (pas au-delà de 80 km, pour pouvoir rentrer traire).

Les efforts commencent à payer, la preuve le week-end dernier. Et les deux génisses Brunes sont prometteuses : la mère de l’une a fini 1e de section au Mondial de Mende, et la mère de l’autre a été élue Miss BGS. Déjà, l’élevage vend de la génétique, notamment des mâles, et “bientôt, on va pouvoir vendre au Space” espèrent-ils. Là où tout a commencé.

Rémi Hagel

(1) Pig No Red = cochon, Normandes, Red Holstein.
(2) 8390 l de lait brut toutes races confondues



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