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Loire-Atlantique - 17-01-2018 - Christian Evon

Notre-Dame-des-Landes : leur projet pour l’avenir des terres de la Zad

Projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Pendant que le Premier ministre consulte une dernière fois les élus locaux, ça phosphore dur sur la Zad parmi toutes les composantes du mouvement de lutte pour envisager l’avenir des terres et les futurs usages agricoles. Explications avec Marcel Thébault, l’un des paysans historiques.

“Pour l’avenir de la Zad, nous soutenons une agriculture de dimension modeste, avec des gens qui prennent peu de risques sur le plan financier”, soutient Marcel Thébault au nom du mouvement de lutte.

“Pour l’avenir de la Zad, nous soutenons une agriculture de dimension modeste, avec des gens qui prennent peu de risques sur le plan financier”, soutient Marcel Thébault au nom du mouvement de lutte.


"Si l’option majoritaire qui est sur la table est bien celle de l’abandon du projet, il y a aussi un bruit de fond sur une évacuation de la Zad, quelles que soient les hypothèses”, réagit Marcel Thébault, producteur de lait avec sa femme Sylvie à Notre-Dame-des-Landes, au Limimbout. “La décision la plus cohérente avec le rapport des médiateurs, c’est bien de choisir la poursuite de Nantes Atlantique.”

“Mais on reste un peu méfiants”, dit-il, échaudé par des renversements de situation et des décisions inattendues qui ont jalonné près de vingt ans de lutte. “Le rapport nous donne à 80 % raison puisque l’aménagement de l’aéroport actuel est techniquement faisable sur le plan environnemental et sur le plan du bruit. Noir sur blanc, on a la preuve que la DUP a été bâtie sur des mensonges.” “Ça m’étonnerait que la décision ne soit pas prise. Je pense qu’en fin de semaine prochaine, ils vont donner une décision.”

En cas d’évacuation, la résistance sera forte

“L’Etat peut employer la manière forte et considérer qu’il évacue tous les illégaux, dont nous faisons partie aussi. Si c’est ce scénario qui s’applique, on retrouvera un niveau de résistance au moins aussi puissant que celui qu’on avait connu fin 2012 pour l’opération César”, prédit Marcel Thébault. “Soit une intervention rapide est décidée en faisant un tri compliqué entre les paysans historiques et les nouveaux occupants : ça sera très compliqué là encore. Dans ce cas-là, la mobilisation sera importante car si les gens qui squattent maisons ou terres sont expulsés et que l’aéroport ne se fait pas, ils reviendront.”

“Depuis 2013, plusieurs projets ont été construits dans le mouvement d’occupation”, explique Marcel Thébault. “Un couple fait du maraîchage, de jeunes paysans produisent du lait : l’un d’eux est collecté par Biolait, un autre produit lait cru, tomme et camembert. Il y a aussi un paysan boulanger et un paysan brasseur… Autant d’activités monétaires qui fonctionnent en dehors des circuits classiques. Il y a aussi plusieurs périmètres maraîchers où sont cultivés poireaux, pommes de terre, blé ou sarrasin, qui sont transformés et utilisés sur la Zad.”

Avenir des terres : l’exemple du Larzac

Depuis de nombreux mois, le mouvement de lutte contre l’aéroport, dans toutes ses composantes (Acipa, Adeca et Copain 44, associations, zadistes, etc.), réfléchit à l’avenir de la Zad. Un texte en six points a été élaboré et ces propositions présentées aux médiateurs le 19 octobre. Une fois le projet d’aéroport abandonné, les signataires veulent que les habitants, propriétaires ou locataires faisant l’objet d’une procédure d’expropriation ou d’expulsion, puissent rester sur la zone et retrouvent leurs droits, “c’est-à-dire pour les paysans historiques, leur droit au fermage et pour les propriétaires, leur droit de propriété”, explique Marcel Thébault.

Réfléchissant à plusieurs hypothèses au sein d’une assemblée régulière, ils se sont dit que ce qui a été construit au Larzac pouvait les inspirer pour l’avenir de la Zad. Le point 4 est ainsi formulé : “Que les terres redistribuées chaque année par la chambre d’Agriculture pour le compte d’AGO-Vinci sous la forme de baux précaires soient prises en charge par une entité issue du mouvement de lutte, qui rassemblera toutes ses composantes. Que ce soit donc le mouvement anti-aéroport et non les institutions habituelles qui détermine l’usage de ces terres.”

“On propose la mise en place d’un bail emphytéotique, système dans lequel l’Etat délègue son droit de propriété. Son périmètre serait le suivant : environ 400 ha cultivés par les paysans résistants (quatre fermes) et de 250 à 300 ha utilisés par les mouvements d’occupation sur des formes de jardinage collectif. Sur les 1 250 ha de SAU du périmètre, restent 600 à 700 ha, un peu en friche mais pas trop, le reste étant cultivé par les autres agriculteurs impactés”, conclut Marcel Thébault. Copain 44 a adressé deux courriers à ces derniers, leur indiquant que le fait d’avoir signé à l’amiable avec AGO-Vinci, de leur propre volonté, les excluait du futur mouvement. La position de l’Adeca est plus nuancée : “Ces gens-là ne peuvent pas être prioritaires.”

Christian Evon


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