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France - 08-01-2018 - Antoine Humeau

“Si on veut être là demain, on n’a pas d’autre choix que la différenciation”

Philippe Leseure, est directeur des filières du groupe Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH).


Faut-il produire différemment pour répondre aux attentes sociétales ?

On n’a pas d’autre choix que de s’adapter si on veut rester. On a une particularité, on est originaires d’une région peu laitière avec des coûts de collecte relativement élevés. On a donc la nécessité de nous différencier. L’objectif c’est de créer de la valeur. Mais on n’a pas de marques propres, on travaille beaucoup avec des marques de distributeurs (MDD), ce sont donc eux qui sont à l’écoute des consommateurs.
On a des laits sans OGM, bio, Bleu blanc cœur ou “C’est qui le patron ?”, qui répondent à des attentes spécifiques. Mais on a aussi certains consommateurs qui veulent des produits très bon marché. Il ne faut donc pas opposer les schémas, il faudra sans doute demain qu’une partie de la production française réponde
à ces attentes.

Quel message transmettre aux producteurs laitiers ?

Il faut comprendre la stratégie de son entreprise et aller dans ce sens. Si sa stratégie est de faire du beurre poudre et de le vendre à l’export, il ne faut surtout pas partir sur du soja sans OGM parce que cela coûtera plus cher et ce ne sera pas valorisé. Il faut donc comprendre où va le lait et où il y a possibilité de créer de la valeur. Malheureusement, on est dans un schéma où beaucoup d’acteurs détruisent de la valeur par la guerre des prix. Tout le monde est persuadé que le consommateur n’achète un produit que parce qu’il est moins cher que les autres. Or la plupart ne connaissent pas le prix d’un litre de lait !

Etes-vous prêts à récompenser les efforts des producteurs qui souhaiteraient réduire leur empreinte carbone ?
Le CAP2ER (1) imaginé par l’Institut de l’élevage intéresse beaucoup de monde. C’est une démarche importante pour démontrer à la société que l’élevage n’est pas si pollueur qu’on veut le dire et qu’il fait des efforts. On en a parlé à nos clients distributeurs. Dans le cadre de Bleu blanc cœur on réduit les émissions de méthane et certains magasins réfléchissent à la possibilité de racheter de la tonne de CO2. Mais pour l’instant la tonne ne vaut rien, il faudrait donc une sorte de mécène qui rachète cela 100 fois sa valeur pour revaloriser la tonne de lait. Pour l’instant nous n’avons pas trouvé. Mais pourquoi pas. En tout état de cause, on n’a pas de planche à billets, tout ce que l’on fait, il faudra bien qu’on le valorise derrière.

De façon générale, face à la grande distribution, comment se faire entendre ?

On a initié un contrat tripartite avec le distributeur, l’industriel et l’OP. Quand on va négocier avec la grande distribution, on y va avec les producteurs maintenant. C’est beaucoup plus intéressant car les relations sont différentes : un acheteur de la grande distribution ne parle pas pareil avec un producteur ou avec un commercial. On a aujourd’hui cinq contrats tripartites auprès de cinq enseignes qui nous permettent de parler d’autre chose que de prix. Cela nous permet de peser plus. Mais cela nécessite une grande transparence, et pas mal de laiteries ne souhaitent pas rentrer dans cette démarche car on est obligés d’afficher nos coûts.

Propos recueillis par Antoine Humeau


(1) Calcul automatisé des performances environnementales en élevages de ruminants.

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