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Pays de la Loire - 05-01-2018 - Rémi Hagel

Lactalis savait pour la salmonelle, les contrôleurs ne l'ont pas vue

SANITAIRE

D'après le Canard enchaîné, Lactalis avait trouvé des salmonelles dès le mois d'août. Par ailleurs, les services sanitaires avaient effectué un contrôle en septembre, mais ils ne portaient pas sur les tours de séchage. Ils n'ont rien trouvé.

Lactalis a-t-elle caché la présence de salmonelles ? L'enquête devra le déterminer.

Lactalis a-t-elle caché la présence de salmonelles ? L'enquête devra le déterminer.


D'après le Canard enchaîné, Lactalis Nutrition santé avait repéré des salmonelles à Craon “au mois d'août” et “s'est bien gardé d'ébruiter l'affaire”. L'entreprise n'a pas obligation de communiquer les résultats de ses autocontrôles aux services de l'Etat. Toutefois, “il y a une obligation de notification de résultat aux autorités de l'Etat dès lors qu'une non-conformité a été décelée sur un produit mis sur le marché”, a précisé à l'AFP une responsable du service Alimentation au ministère de l'Agriculture. “Toutes ces analyses ont été transmises aux autorités compétentes dès le début”, affirme pourtant Lactalis dans un communiqué du 3 janvier. Cette “chronologie est au cœur de l'affaire” décrit le préfet de la Mayenne Frédéric Veaux, qui se refuse à tout commentaire sur ce point. “Cela relève de l'enquête judiciaire en cours” (lire encadré). Le préfet organisait un point presse dès mercredi midi pour défendre ses services.

Loupé en septembre

L'hebdomadaire du mercredi révèle aussi que les services de l'Etat ont effectué des contrôles en septembre dans le cadre d'une inspection de routine et n'ont rien trouvé. Comment est-ce possible ? Parce qu'ils ne cherchaient pas de salmonelles dans les tours de séchage n° 1 et n° 2, a répondu le préfet de la Mayenne. “On ne peut pas accuser les services d'incompétence parce que l'objet de ce contrôle ne portait pas sur la recherche de salmonelles. Les services de l'Etat n'en avaient pas encore connaissance.” Cette visite avait porté sur l'atelier de mélange à sec de céréales et sur le conditionnement. Si c'est effectivement ce qui s'est passé, cela reste un gros raté.

Ensuite, les services de la DDCSPP ne sont intervenus que début décembre, alertés par le ministère des cas de salmonellose sur les nourrissons. Le 9 décembre, Frédéric Veaux signe un arrêté ordonnant la fermeture partielle de l'usine : celle des tours de séchage n° 1 et n° 2 et des ateliers de conditionnement. L'arrêté ne sera rendu public qu'après vingt jours. Le préfet se défend de tout secret : “Si on me l'avait réclamé, je l'aurais donné. C'est d'ailleurs face à plusieurs demandes que j'ai décidé de le publier au recueil des actes administratifs.”

D'après le Canard enchaîné, l'usine de Craon produit toujours des préparations à base de céréales, ce qu'a démenti l'industriel auprès de l'AFP : ces produits sont toujours fabriqués, mais sur d'autres sites que Craon.

Rapport introuvable ?
Le journal satirique écrit que le rapport (de septembre) de la DDCSPP était “introuvable”, lorsque les experts nationaux l'ont réclamé en décembre. Faux, récuse le préfet : “Ce rapport avait été transmis aux services concernés depuis plusieurs jours.”

Frédéric Veaux précise enfin : “C'est moi qui ai la maîtrise de la remise en route du site industriel.” Son arrêté précise les conditions de la reprise d'activité : réalisation d'un plan d'action de démontage, nettoyage et désinfection “approfondis”. Ensuite, on ne devra évidemment plus retrouver de salmonelles dans les analyses.

Arrêt de l’activité
Lactalis confirme l’arrêt de toutes les activités de production de lait et produits infantiles de l’usine de Craon depuis le 8 décembre. Le conditionnement est aussi à l’arrêt, indique le texte préfectoral.
Le 8 décembre l’arrêté signalait que Lactalis n’avait pas précisé le plan d’action mis en œuvre.
Le 3 janvier, Lactalis précise que les analyses positives d’août et novembre ont donné lieu à “l’application d’un programme de nettoyage adapté et à des contrôles renforcés sur les lots fabriqués à cette date, contrôles qui se sont tous révélés négatifs”. Malgré ces mesures, c’est bien un plan d’action global suivi des résultats, que le préfet attend avant d’autoriser le redémarrage de l’activité.

Rémi Hagel


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