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Bovins lait - 24-12-2017 - Rémi Hagel

La longue route de la Holstein américaine et des open show

Génétique

Maurice Perrot est une figure de la génétique nord-américaine en France. Dans une autobiographie, il revient sur quarante ans de sélection et de débats sur la Prim'Holstein, ainsi que sur l'histoire des salons Simagena et Farmingtour dont il a été l'un des créateurs.

Maurice Perrot a piloté la création du Simagena, en 1994, dans l’enceinte du salon du machinisme.

Maurice Perrot a piloté la création du Simagena, en 1994, dans l’enceinte du salon du machinisme.


Samedi 25 novembre dernier, au Farmingtour à Château-Gontier (53), au moment de désigner la championne, le président Patrick Bricaud interrompt le suspense. Il rend hommage avec une pointe d'émotion dans la voix, à Maurice Perrot, “l'initiateur du Farmingtour”, venu présenter son livre, Une histoire frisonne à l'école Holstein. Le CV de Maurice Perrot se divise en deux volets : le journalisme agricole et l'organisation de concours. Tous deux sont liés par la génétique holstein américaine. Raconter son parcours est un prétexte pour relater un pan important de l'histoire de l'élevage.

Maurice Perrot a travaillé pendant quatre ans chez Sanders à la station de Sourches (Sarthe). Il est devenu journaliste pour PLM lorsque la revue est née en 1974. Idem pour Typex, en 1989. En 1993, il participe au lancement de Semex en France. Il est également sollicité par le commissaire général du Sima à Paris, pour créer un concours bovin. “Les éleveurs achètent la moitié des tracteurs. Il faut les faire venir à Villepinte” voyait ce dernier.

La première édition du Simagena a eu lieu dès 1994, avec 150 vaches. Maurice Perrot avait sollicité des éleveurs de son carnet d'adresses. Des éleveurs “avant-gardistes” souvent utilisateurs de génétique américaine, et porteurs d'un esprit libéral. A l'open show, on vient pour les affaires. Les éleveurs paient pour exposer, comme une entreprise classique sur un salon.

La classe américaine

Cette culture nord-américaine a séduit Maurice Perrot depuis longtemps. Il consacre toute la première partie de son livre à l'histoire de la génétique Holstein, des génétiques faudrait-il écrire. La Prim'Holstein est devenue la vache de référence des élevages laitiers, mais avec des caractéristiques bien différentes selon les continents. “Lorsque les Canadiens et les Américains ont importé les premières Frisonnes, ils ont appliqué un programme de sélection entièrement axé sur la quantité de lait, et non pas sur un compromis entre le lait et la viande comme on a voulu le faire trop longtemps en France.” A ce jeu, la Normande ou la Simmental gagnaient. Pour la Holstein, l'ancien journaliste plébiscite les choix américains : “Les éleveurs nord-américains ont compris qu'une vache produit son lait avec sa gueule, sa panse, et ses poumons.” En France, on a assisté à “un débat épuisant entre les tenants d'une petite vache bien ronde et les partisans d'une vache plus grande et plus angulaire”. Il oppose la sélection française, “génétique théorique” accrochée à des calculs d'index, à la “génétique pragmatique”
américaine.

Les poids des organisations agricoles

“Les éleveurs nord-américains sont des sélectionneurs-nés. Les éleveurs français ont bien du mal à organiser quatre ventes aux enchères de génisses par an, alors que chaque Etat laitier américain ou chaque province canadienne en organise quatre par mois ! D'un côté, il y avait une culture de la soumission aux coopératives françaises qui décidaient souvent à la place des éleveurs. De l'autre, il existait cette culture de l'éleveur décideur qui sélectionne pour vendre et faire du business.”

Cet intérêt pour la génétique nord-américaine a pris un tour politique. Car “l'élevage bovin français est super encadré et contrôlé, et tout ceci sous statut coopératif ou syndical, la FNSEA étant très largement majoritaire. Le secteur privé n'a eu aucune prise sur la génétique bovine qui a été entièrement maîtrisée, pendant soixante ans, par les coopératives d'insémination”.

Pour les éleveurs, promouvoir la génétique américaine signifiait contourner les organisations françaises. Le Simagena s'inscrivait dans cette même confrontation puisque les concours “officiels” se tiennent au Salon de l'agriculture, porte de Versailles. “Les herd-books étaient fous.” Maurice Perrot et les organisateurs réussissent toutefois leur pari. On compte jusqu'à 540 animaux en 2007.

Près de 800 ruminants au Farmingtour

En 1996, les tractoristes décident que le Sima sera biennal (en alternance avec Agritechnica). Les éleveurs veulent garder un concours annuel, ils décident de créer le Farmingtour, à Tours (37) pour les années paires. La première édition a lieu en 1998. Ça tombe bien : “A Paris, la politique prendra toujours le dessus. Certaines années, le ministre venait nous rendre visite. D'autres fois, il s'arrêtait au hall 3.” Une nouvelle page de l'histoire s'écrit. Le salon s'installe en Indre-et-Loire pendant dix ans, montant jusqu'à 785 ruminants. “On a connu de belles années.” Nouveaux soubresauts, le Farmingtour déménage encore, cette fois à Château-Gontier, en 2008. Il innove en ajoutant un concours de génisses, au printemps. L'an prochain, le Farmingtour aura vingt ans.
Entre-temps, les différends génétiques se sont atténués. Aujourd'hui, les centres d'insémination français utilisent les mêmes accouplements que les Américains. “Pour en arriver là, certains éleveurs y ont laissé des plumes”, regrette Maurice Perrot. Plaidoyer pour la Holstein, ce livre se veut aussi un hommage à ces pionniers.

Rémi Hagel

A noter => Une histoire frisonne à l'école Holstein, de Maurice Perrot. En vente 10 € au journal à Laval, ou 12,50 € par correspondance.

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