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Agronomie - 08-12-2017 - Nathalie Barbe

Jean-François Vlan : “Le sol est un capital irremplaçable”

Jean-François Vian,est enseignant chercheur en agroécologie à l’Isara de Lyon. Il intervenait mardi 28 novembre à Mamers (Sarthe) dans le cadre d’une journée consacrée à la qualité et la fertilité du sol (1).



Saviez-vous que dans un gramme de sol, une cuillère à café en somme, vivent un gros million d’espèces de bactéries et 100 000 espèces de champignons ? Le sol ressemble à “nos abysses marines”. Insondable et loin d’avoir révélé tous ses secrets. A l’image du microscopique tardigrade “dont on ne connaît pas grand-chose” mais dont la résistance à tout vent étonne. “Des référentiels sont en cours d’élaboration pour caractériser les habitants du sol et leurs activités” annonce Jean-François Vian. “Ils se construisent sur trois indicateurs : les vers de terre, les nématodes et les micro-organismes.” S’il demeure bien des mystères sur leur rôle respectif, en groupe, cette population est le gage d’un sol en bonne santé. “Plus il y a d’organismes vivants et de diversité dans un sol, moins il y a de pathogènes car toutes les niches écologiques sont occupées.” Mieux, ce grouillement d’individus sous nos pieds garantit la stabilité structurale du sol. “Ne vous lancez pas dans un changement de pratique sans avoir atteint cette stabilité.”Elle-même protège les petites bêtes sous terre. “Le sol est un écosystème complexe et multifonctionnel. L’équilibre entre structure, matière organique et biodiversité assure la fertilité.”


L’impact des pratiques agricoles


Cet équilibre diffère selon les pratiques agricoles. “Avec un apport important de matières organiques, nous avons remarqué plus de diversité bactérienne.”Quel que soit le niveau d’apport, l’agriculture de conservation produit des vers en abondance et particulièrement des anéciques que le faible travail du sol favorise. Ces ingénieurs du sol brassent et mélangent la matière organique. Accentuant ainsi ses vertus “énergisante, nutritive et cohésive”. Des essais menés au début des années 2000 ont permis de comparer des terres labourées avec apport d’engrais, des terres en agriculture biologique et en agriculture de conservation. Dans ces dernières, une abondance de nématodes. “Plus il y en a, plus le sol a une bonne activité biologique. Les nématodes libres sont ceux qui accélèrent le recyclage de l’azote et le rendent disponible à proximité des racines.” En semis direct sous couvert végétal, la diversité est étonnante. “Si on devait compter en biomasse, son niveau serait supérieur au bio.”Mais les essais révèlent aussi que l’utilisation de couverts entraîne la multiplication des phytophages. “Pas à un stade critique mais c’est un point de vigilance à avoir.” L’activité de minéralisation de la matière organique a été également mesurée. “En semis direct et en travail superficiel, il y a de fortes activités biologiques là où la concentration des matières organiques est importante.” Avec un labour traditionnel (0, 30 cm), l’activité est en profondeur puisqu’enfouie. “Il ne faut pas oublier qu’un sol, ce n’est pas quinze centimètres. C’est un volume qui peut être exploré par les racines.” L’observation de ce volume “doit être la mission première. S’il y a des obstacles, le potentiel de production sera entravé.”


Nathalie Barbe


(1) Capital sol, une rencontre organisée par la chambre d’Agriculture de la Sarthe, VivAgri, le GDA Marolles-Mamers, Base, l’Union des Cuma Pays-de-la-Loire, le lycée agricole La Germinière, l’Apad.



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