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Herbe - 03-11-2017 - Rémi Hagel

Après une transition vers la prairie, un EBE à 100 000 euros

Porte ouverte

A Deux-Evailles (Mayenne), Raphaël Gilmas élève des Montbéliardes en système pâturant et bio. Il est passé tranquillement du conventionnel au bio. Il tire aujourd’hui les fruits d’une grande maîtrise agronomique, et d'économies de charges. Le Civam AD53 présentait sa ferme.

Pâturage tournant, sorgho, enrubannage... autant de pratiques que Raphaël Gilmas a détaillées au cours de cette visite.

Pâturage tournant, sorgho, enrubannage... autant de pratiques que Raphaël Gilmas a détaillées au cours de cette visite.


"Je me suis installé en voulant copier des systèmes et pas en m’adaptant à mes sols. Je voulais produire plus, alors j’achetais de l’aliment.” Mais le gain ne compensait pas la dépense. Raphaël Gilmas a compris que c’était une erreur. Ses sols n'étaient pas adaptés : une année trop sèche ou trop humide, et les rendements de maïs pouvaient chuter à 5 tMS/ha.

Installé en 2003, il a progressivement fait évoluer son système : il a joué sur l'assolement autant que sur son cheptel. Il a troqué ses Normandes et Holstein pour passer en 100 % Montbéliardes en 2009. En 2005-2006, il conduisait 120 UGB, soit un chargement de 2,5/ha. “J’étais parfois obligé d’acheter du fourrage et des pulpes à l’extérieur.” Depuis, il a arrêté les bœufs et vend une partie des génisses. Il est descendu à 88 UGB, soit 1,4/ha.
Déjà, il participait à un groupe Cultures. “On travaillait au quart de dose. Mais je ne voulais plus utiliser de pesticides, pour la santé. J'avais envie de produire comme je mange. Un jour, je traitais avec mon masque, et dans la maison de l’autre côté de la route, le voisin me regardait par la fenêtre…”

Un changement par étapes

Cela a renforcé son envie de changer. “J’ai augmenté les prairies progressivement. On ne peut pas faire ça du jour au lendemain, mais par étapes, sur trois quatre ans.” Il s’est rendu à une portes ouvertes, s’est inscrit à un groupe du Civam AD. “Il ne faut pas hésiter à discuter avec les autres” témoigne l’éleveur. Aujourd'hui, il ne cultive plus de céréales.

Ses résultats lui donnent raison. En 2006-2007, son EBE était de 26 000 euros, et en 2016 de 100 000 euros. Entre-temps, il est passé en bio. Même s'il était en conventionnel, il dégagerait un EBE de 47 000 euros (1). L'éleveur tempère : c'était une année de production exceptionnelle, qui permettra de constituer une trésorerie pour les années plus dures.

Mais les économies, elles, sont pérennes : les dépenses de concentrés sont passées de 14 000 à 9 000 euros, les phytosanitaires de 2000 euros à zéro, les engrais de 4 000 euros à zéro.

Mélanges suisses
Pour arriver à ces chiffres, l’éleveur s’appuie sur une gestion fine des prairies. “Mon objectif est d’atteindre l’autonomie fourragère. J’ai 20 ha de prairies permanentes, 39 ha de prairies temporaires et 7 ha de méteil. J’enchaîne cinq à sept ans de prairies, puis un sorgho et un méteil.” L'herbe est une sécurité, “elle repousse toujours”. Et elle apporte simplicité et économie : “La vache qui pâture, c'est ce qui coûte le moins cher.” C'est de l'économie de temps et de carburant sur la distribution de fourrage et sur les travaux culturaux. Finies les charges de phytos, et de correcteur azoté. Pour autant, “l'herbe est vraie une culture”, qui requiert une exigence technique, à commencer par la maîtrise du pâturage tournant et la méthode Obsalim (2).

Enrubanné
L'éleveur enrubanne les trois quarts de ses récoltes d'herbe (le reste part en foin). “Je n'ai pas de silo, et n'ai pas à me poser la question de savoir si je l'ouvre ou le ferme. C'est plus simple.” Le sorgho, fibreux, nécessite une bâche plus épaisse. Seul bémol : “Comme on a amélioré la vie du sol, on a des taupes, et des sangliers de la forêt voisine, donc on ramasse de la terre avec des conséquences sur les butyriques.” Petit bémol au regard des résultats.

“Avant, j'épandais 100 unités d'azote et j'avais moins d'herbe que maintenant. On ne m'avait jamais appris qu'il fallait un temps de retour sur les parcelles.” Cela a changé. Raphaël Gilmas a réussi à transformer ses terres hydromorphes en source d'abondance.

Rémi Hagel

(1) c'est-à-dire en retirant les aides bio, et la plus-value du lait bio.
(2) méthode de réglage alimentaire fondée sur l’observation des bovins. “Les animaux expriment des déséquilibres. En fonction, j'adapte mon fil, matin et soir, et ensuite, elles mangent de la fibre, à l'auge (paille ou foin)”.



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