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Energies renouvelables - 21-07-2017 - Nathalie Barbe

Les Fermiers de Loué redonnent vie à une éolienne Bollée

SARTHE

Symbole du patrimoine rural et de la modernité industrielle, une éolienne Bollée datant de 1894 a été entièrement rénovée par des éleveurs de la coopérative sarthoise. Transformé pour produire de l’électricité, l’édifice trône à l’entrée du siège, à Coulans-sur-Gée.

L’éolienne Bollée utilise un système unique organisé autour d’un stator, d’un rotor et d’un papillon qui permettait d’orienter la roue en fonction du vent.

L’éolienne Bollée utilise un système unique organisé autour d’un stator, d’un rotor et d’un papillon qui permettait d’orienter la roue en fonction du vent.


Ce 23 juin 2017, venu assister à sa mise en route, Gérard Bollée récite des formules mathématiques. Celles qui ont permis à son arrière-grand-père, l’ingénieur sarthois Ernest-Sylvain Bollée, de concevoir dans la seconde moitié du XIXe siècle un “moteur à vent” et d’en calculer le diamètre : 3,532 mètres. Le produit d’une racine carrée résume à lui seul le génie de son aïeul qui ne tarda pas à rebaptiser son invention “éolienne”. “Mon arrière-grand-père était un grand penseur” jubile le vieil homme, qui fêtera ses 90 ans le 1er août.

Assemblée selon la technique du rivet

C’est à ce génie que la coopérative des Fermiers de Loué a souhaité rendre hommage en rachetant en 2014 une éolienne de type Bollée, construite en 1894 et installée au château de Bellefille, à Chemiré-le-Gaudin. “Je n’ai jamais vendu d’éolienne !” s’exclame alors la propriétaire. “Je n’en ai jamais achetée” rétorque à son tour Alain Allinant, président de la Cafel. Mais l’affaire est entendue. Reste à transporter “cette grand-mère” rongée par la rouille sur son exploitation de Noyen-sur-Sarthe. L’opération, qui promettait d’être délicate, crée la surprise : “Pièce par pièce, tout se démontait. Incroyable !” Durant trois ans, sur leurs week-ends, une dizaine d’éleveurs bénévoles ont redonné vie à l’éolienne. “Il a fallu apprendre les gestes d’autrefois” précise Alain Allinant. “On a appris à poser les rivets comme sur la tour Eiffel car c’est le même système de construction.” Certaines pièces ont été refaites à l’identique par des entreprises de la région, pour un résultat exceptionnel. “Ce patrimoine a été rénové en associant quelque chose de cher à ma famille : former pour assurer la transmission” témoigne Gérard Bollée.

De l’hydraulique à l’électricité

Testée entre 1864 et 1867, l’éolienne Bollée a été commercialisée pour la première fois en 1874. Le modèle restauré par les Fermiers de Loué “servait à donner de l’eau aux bestiaux, ce qui était important à l’époque. Mais à la fin du brevet déposé en 1868 par mon arrière-grand-père, il y a un nota bene. Il stipule que ce moteur à vent pouvait avoir d’autres fonctions. Comme celle de broyer la paille.” Sans connaître l’existante de cette note, la coopérative sarthoise a pris la liberté de transformer le modèle d’origine afin qu’il produise de l’électricité. “Nous avons beaucoup consulté les archives afin de retrouver les valeurs de l’éolienne et la dimension des pales” explique Yann, l’un des deux étudiants de BTS électrotechnique du lycée Saint-Joseph-La Salle (Pruillé-le-Chétif) qui a eu la charge de concevoir le mécanisme transformant l’énergie du vent en énergie électrique. “Au départ, nous pensions avoir à faire à un modèle de 1870. Nous nous sommes trompés” souligne Quentin. Au total, 500 éoliennes Bollée ont été construites en France entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe. “Nous en avons recensé une vingtaine à l’étranger” témoigne Jean-Claude Pestel, président de l’association de sauvegarde des éoliennes Bollée à Esvres-sur-Indre (37). En Grande-Bretagne, au Brésil mais aussi à Cotonou (Bénin). “La Sarthe en compte encore 55, peu rénovées. Il faut absolument se mobiliser pour sauver ce patrimoine.”

Nathalie Barbe

Catégories : Sarthe

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