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Sanitaire - 21-07-2017 - Sabine Huet

Réduire l’usage des antibio est plus facile avec une situation sanitaire maîtrisée

SANITAIRE

Porteur du projet RedAB piloté par l’Idele, l'Ecole supérieure d’agriculture d’Angers a interrogé des éleveurs laitiers sur leur parcours vers la réduction des antibiotiques. Les freins, les motivations, les facteurs déclenchant et les éléments facilitant ont été mis à plat.

La gestion des veaux est “beaucoup plus carrée” chez les éleveurs qui ont un atelier porcin.

La gestion des veaux est “beaucoup plus carrée” chez les éleveurs qui ont un atelier porcin.


La France occupe la 9e place sur 26 au niveau européen pour la consommation d’antibiotiques en médecine vétérinaire. Bien que les efforts engagés par les filières lait et viande dans le cadre du plan Ecoantibio 2017 aient porté leurs fruits (baisse de l’Alea (1) de 9,5 % entre 2011 et 2014-2015), les bovins restent les plus gros consommateurs en termes de volume avec près de 2,8 millions de tonnes vendues en 2015. En lait, les antibiotiques sont utilisés à 36 % pour les infections mammaires, à 14 % pour des problèmes locomoteurs
et à 11 % pour les affections respiratoires et digestives.

L'idée du projet RedAB piloté par l’Idele et porté par l’ESA d’Angers est de “rationaliser l'usage des antibiotiques en élevage bovin avec des outils innovants pour la formation et le conseil”, explique Justine Defois, enseignant chercheur en charge du projet. Un des axes de travail a été d’enquêter des éleveurs, des conseillers et des vétérinaires “pour comprendre leurs trajectoires vers la réduction d’antibiotiques”. L’objectif final est de “créer des supports de formation pour accompagner les acteurs dans cette dynamique”. Un échantillon de 26 exploitations en Bretagne, Normandie et Pays-de-la-Loire (vingt en conventionnels et six en bio) présentant différents niveaux de consommation et ayant recours à différents réseaux de conseils a donc été entendu sur la question.

Arrêter le systématique

Trois facteurs clés dans la réussite de la réduction des antibiotiques ont été identifiés. Le premier, loin devant, est la maîtrise de la situation sanitaire du troupeau. “Ça ne sert à rien d’utiliser de l’homéopathie si la gestion des litières est mauvaise ou s’il y a des problèmes alimentaires en amont.” Les autres critères sont l’utilisation des médecines alternatives et l’arrêt des traitements inutiles comme “les antibio systématiques au tarissement”. L’aromathérapie, la phytothérapie et l’homéopathie sont largement utilisées par les éleveurs enquêtés (20 sur 26) pour les mammites, les boiteries et les diarrhées des veaux, mais avec une grande hétérogénéité dans les pratiques. “Certains maîtrisent parfaitement tandis que d’autres les ont utilisés une seule fois ou en dernier recours.” Toutefois, “les médecines alternatives ne sont pas la seule voie pour réduire les traitements, il y a d’autres pistes. On peut affiner le diagnostic pour choisir un antibio ciblé, soigner localement, avoir recours au parage, aux obturateurs de trayons”.

Des motivations économiques

Les motivations des éleveurs pour réduire les antibiotiques sont avant tout d’ordre économique : diminuer le coût des traitements, ne pas devoir jeter le lait à cause du délai d’attente, mieux valoriser le lait dans certaines filières. Vient ensuite la conception du métier de l’éleveur qui souhaite “être plus autonome et mieux maîtriser la situation sanitaire par la prévention.” Enfin, les motifs éthiques sont avancés tels que la volonté de lutter contre l’antibiorésistance “pour les éleveurs bien conscients de ce risque-là”, d’utiliser moins de produits chimiques ou encore de donner une bonne image de l’élevage.

Quant aux freins, la peur de prendre un risque sanitaire, notamment en supprimant les antibiotiques au tarissement, est citée en premier. Un autre obstacle concerne certaines pathologies critiques pour lesquelles les éleveurs ne voient pas comment faire sans antibiotiques. L’absence d’appui par les vétérinaires et les conseillers, le manque de temps et la complexité d’utilisation des médecines alternatives sont les autres principaux blocages.

Ce qui pousse les éleveurs à réduire

Pour la moitié des interviewés, le déclencheur pour réduire les antibiotiques a été la survenue d’un problème sanitaire majeur, “explosion des mammites, surmortalité des veaux” engendrant des surcoûts et un impact psychologique sur l’éleveur. Certains ont revu leurs méthodes d’élevage suite à des formations et des colloques donnés par les groupements ou les vétérinaires. Plus rarement, un changement de salarié ou d’intervenant sur l’élevage, impliqué sur cette thématique, a incité l’exploitant à changer ses pratiques. A noter que les éleveurs ayant une formation initiale autre qu’agricole sont plus enclins à réduire les antibiotiques. “Ils se sentent moins compétents et sont donc très ouverts au conseil.” De même, ceux ayant une expérience ou un atelier dans d’autres productions, notamment en porc, ont “une culture de la gestion sanitaire qui les rend plus exigeants sur l’atelier laitier”.

Sabine Huet

(1) Alea : indicateur permettant de mesurer le niveau d’exposition des animaux aux antibiotiques = Poids vif traité des animaux / poids vif total

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