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Energies renouvelables - 20-07-2017 - Christian Evon

La filière biogaz peine à arriver à maturité

Solution innovante de production d'énergie renouvelable à la ferme, l'avenir de la petite méthanisation est encore incertain, malgré les nombreuses externalités positives qu'elle dégage. Au sein de l'Association des agriculteurs méthaniseurs de France, Jean-Marc Onno, pionnier de la méthanisation en Bretagne, se bat pour faire bouger les lignes.

perts pour les agriculteurs qui voudraient se lancer dans la méthanisation.

perts pour les agriculteurs qui voudraient se lancer dans la méthanisation.


Tous les agriculteurs méthaniseurs qui progressent sont ceux qui échangent. Ceux qui restent chez eux sont condamnés à ne pas évoluer”, lance Jean-Marc Onno. L'éleveur morbihannais sait de quoi il parle. Pionnier de la méthanisation en Bretagne, il a été à l'origine de la création de l'Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF). “L'énergie sera demain une composante essentielle sur nos exploitations, et il faut dès maintenant développer une vision globale sur la question. Dans les cinq à sept ans, quand il faudra distribuer de la paille en engraissement aux porcelets, je n'aurai pas de problème avec mon racleur. Ce qui ne sera pas le cas avec les fosses profondes sous le bâtiment entier, qui sont encore trop souvent prescrites. Quand il faudra pomper la paille, comment feront les agriculteurs qui en sont équipés ?”

Après trois ans de démarches, son unité de méthanisation a démarré en 2010. D'un fonctionnement nominal de 110 kW au départ, elle atteint maintenant 350 kW. Les cultures (blé et maïs) sont transformées à la ferme pour l'alimentation des porcs : 285 truies en système naisseur engraisseur, en système caillebotis intégral. Son installation de méthanisation permet le chauffage des porcheries et de la maison d'habitation.

Un GIEE des méthaniseurs bretons

A Rennes (1), Jean-Marc Onno a présenté le projet intitulé “Vers des systèmes autonomes et économes pour améliorer les performances économiques et environnementales des exploitations des méthaniseurs bretons”, labellisé GIEE fin 2016 par le ministère de l'Agriculture. D'une durée de trois ans, son budget prévisionnel est de 135 000 euros, dont 77 % d'aides. Le collectif, porté par l'AAMF et soutenu par le conseil régional de
Bretagne, regroupe 40 méthaniseurs bretons.

Pour 50 000 euros de demandes d'aides, le porteur de projet pourra bénéficier jusqu'à 15 000 euros de subventions pour financer ses équipements. “Sur le terrain, il n'y a pas encore assez de lien entre la recherche et nous, les méthaniseurs. Premier problème, on ne connaît rien des effluents qu'on met dans nos digesteurs. Il faut arriver à connaître leur potentiel méthanogène. On s'engage à faire des pesées sur nos exploitations pour déterminer la valeur des fumiers et lisiers. Après analyse, on pourra valoriser au mieux le digestat et éviter de gaspiller l'azote et le phosphore qui nourrissent nos plantes.”

L'agriculteur breton compte faire des essais sur blé et autres céréales. “Deux passages sur maïs, ça me semble judicieux, mais ça n'est qu'après analyse que je connaîtrai avec précision la valeur fertilisante de ce que j'épands. Mon objectif étant de minimiser les achats d'engrais chimiques, voire de les supprimer.” Au bout de sept ans d'expérience, et alors qu'il implante des cultures intermédiaires à vocation énergétique sur 50 % de ses surfaces, ses taux de matière organique sont identiques. “Il faut tordre le cou à cette idée reçue : la méthanisation et les CIVE dégraderaient la matière organique. J'avais des sols carencés en manganèse et oligo-éléments et en améliorant mes rendements, j'ai plutôt amélioré mon bilan carbone.” A terme, quand la filière biogaz sera arrivée à maturité, Jean-Marc Onno verrait bien les agriculteurs méthaniseurs vendre des tonnes de carbone sur le marché.

Christian Evon


(1) Il intervenait au salon Biogaz Europe.


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