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Porc - 20-07-2017 - Sabine Huet

En phase de croissance, le porc malade a des besoins nutritionnels accrus

Depuis plusieurs années, l’Inra de Rennes étudie les conséquences des inflammations sur le métabolisme du porc en croissance ainsi que la question de ses besoins nutritionnels dans ce contexte. Le point sur la recherche avec Elodie Merlot.

Une inflammation sévère aiguë génère une demande énergétique importante (photo Cam).

Une inflammation sévère aiguë génère une demande énergétique importante (photo Cam).


La baisse de GMQ lors d’une infection digestive, parasitaire, respiratoire ou dans des conditions d’hygiène dégradée est certes due à une baisse de l’ingestion mais aussi à une augmentation des besoins d'entretien de l’animal”, introduit Elodie Merlot de l’Inra de Rennes (1). Lors d’une infection, l’organisme consomme des ressources nutritionnelles pour produire des protéines, des anticorps, etc. Mais la réponse inflammatoire qui accompagne toute infection est également coûteuse en énergie. “Quand l’inflammation prend de l’ampleur, elle engendre de la fièvre et une production d’hormones qui vont agir sur le foie et sur les muscles.” Une inflammation sévère aiguë génère donc une demande énergétique et protéique importante.

Donner plus ou moins ?

L’institut de recherche s’est donc demandé si l’alimentation pouvait soutenir la réponse immunitaire. “Faut-il apporter plus d’énergie ? Plus de protéines ? Des acides aminés spécifiques ? Ou moins d’aliment étant donné la tendance naturelle à l’anorexie pendant ces phases inflammatoires ?”

Accroître l’ingestion n’arrange rien. Une étude datant de 1979 montre que forcer un animal malade à manger pour compenser l’anorexie augmente la mortalité. Un essai plus récent (2012) conclut que l’apport supplémentaire de sucres n’améliore pas la résistance contre une infection bactérienne. A l’inverse, une restriction alimentaire modérée dans les six jours suivant le sevrage améliore la santé du porcelet et diminue la sévérité des diarrhées. Pour creuser la question, l’Inra de Rennes a soumis des porcelets en croissance à une restriction de l’ingestion de 40 % avant une infection grippale. Résultat, “la restriction a limité la perte de poids et les altérations du métabolisme”. Le même test sur des porcelets contraints à une inflammation chronique due à un déficit d’hygiène dans les bâtiments a abouti à la conclusion inverse ! “L’efficacité de la restriction alimentaire n’est pas systématique !”

La voie des acides aminés

Une autre voie de recherche a porté sur l’effet des acides aminés pendant la réponse immunitaire. Chez les porcelets malades de la grippe, la thréonine et l’arginine sont plus vite consommés par l’organisme après le repas. En effet, ils interviennent dans la synthèse d’enzymes et d’immunoglobulines. Autre test, une carence en histidine et valine, acides aminés qui jouent un rôle lors d’une inflammation, peut être limitante pour la croissance des cochons malades. “Mais selon les modalités de l’inflammation, ce ne sont pas toujours les mêmes acides aminés qui sont limitants !” Les interactions entre l’alimentation et la santé sont complexes et diverses. “On a besoin de connaissances supplémentaires.”

Le tryptophane est également fortement utilisé lors d’une inflammation. Il est prouvé que la supplémentation en tryptophane dans l’aliment permet de soutenir les défenses immunitaires. Elle limite l’inflammation et enraye la chute du niveau de cet acide aminé dans le sang. Elle réduit également le stress oxydant et l’impact du sevrage, notamment les diarrhées. “Cela peut être une stratégie adaptée à l’animal malade.”

Sur le terrain

Diverses options sont possibles pour la formulation des aliments. La stratégie préventive vise à supplémenter en nutriments sub-limitants “pour que l’animal ne soit pas carencé lorsqu’il devra faire face à un pathogène”. La voie curative consiste à administrer les acides aminés nécessaires au système immunitaire au moment de l’inflammation. “Avec le risque que l’animal malade ne consomme pas cet aliment coûteux à cause de la baisse de l’ingestion concomitante à l’inflammation.”

Enfin, la stratégie corrective table sur une croissance compensatrice en donnant à l’animal des aliments qui vont favoriser un meilleur rétablissement une fois l’affection passée.

Sabine Huet

(1) Conférence donnée lors de la session “immunité et nutrition” au Mans, en décembre 2016, organisée par l’Aftaa, Association française des techniciens de l’alimentation animale.

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