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Bovins viande - 17-07-2017 - Rémi Hagel Christian Evon

Cœur de gamme au milieu du gué

FOCUS

Un an après son lancement avec les magasins U, où en est la démarche Cœur de gamme/Eleveur et engagé ? Verre à moitié plein ou moitié vide ? Elle s’est mise en place lentement et peine à prendre son envol.

Les éleveurs ne savent pas à l’avance si leur vache va obtenir une plus-value cœur de gamme ou non. Selon les distributeurs, les abattoirs ne savent pas non plus. (photo d'archives)

Les éleveurs ne savent pas à l’avance si leur vache va obtenir une plus-value cœur de gamme ou non. Selon les distributeurs, les abattoirs ne savent pas non plus. (photo d'archives)


Après une année de fonctionnement, le premier bilan du cœur de gamme est globalement positif. On est actuellement à 1 500 bêtes par semaine : vaches, génisses et taurillons” décrit Eric Mandin, éleveur en Vendée, secrétaire général de la FNB. “L’éleveur qui valorise en Cœur de gamme ses vaches allaitantes en tire une plus-value comprise entre 300 et 400 €, voire 500 € pour une très bonne Charolaise.”

Philippe Martineau, président d’Elivia, branche d’abattage de Terrena, dresse un tableau plus sombre : l’activité stagne, voire régresse. “Le marché ne pouvait pas encaisser une hausse importante du prix d’un coup de baguette magique.” Le consommateur va voir ailleurs.

“C’est un peu comme si on lançait une locomotive à charbon : au départ, il y a de l’inertie” tempérait en mars Yannick Vallée, président d’Elroc 53 et responsable FDSEA. “Quand on provoque de grands changements - et c’est le cas en intégrant le coût de production dans la formation du prix-, cela ne se fait pas en un claquement de doigts” poursuit Philippe Auger, président d’Elvea France. “Il faut y aller pas à pas. On ne va pas
viser des rayons complets, ni 50 % immédiatement. Si déjà, on arrive à 20, 30 %, ce serait bien.”

La difficulté de mise en route tient à la diversité de l’organisation de la filière. La validation d’une carcasse cœur de gamme diffère selon les opérateurs : Système U l’applique à sa centrale, tandis que Carrefour et Leclerc le font faire à l’abattoir, décrit Philippe Auger. “Oui, les méthodes diffèrent selon les centrales” confirme Philippe Martineau. “Avec Carrefour, on sait le nombre d’animaux commandés, on agrée, on fait remonter à FranceAgriMer. Avec les autres distributeurs, l’agrément vient après.”

L’éleveur ne découvre qu’a posteriori que sa bête —ou une partie— a été valorisée, “parfois deux à trois mois après. Il faut améliorer la transparence. Dans l’accord qu’Elvea a signé avec Kermené (Leclerc), nous avons un retour régulier, même si pour l’instant, ils écoulent trop peu de bêtes”, témoigne Philippe Auger. Ce sont surtout Carrefour et Système U qui sont impliqués.

Complexe distribution

Les relations avec les GMS restent complexes. “On s’est aperçu qu’on devait s’adapter à la façon de travailler des magasins, qui ne sont pas les mêmes d’une zone à l’autre sur le territoire national” décrit Eric Mandin. “Avec Système U, on a affaire à des directeurs de magasins indépendants, comme pour Leclerc. En Loire-Atlantique et Vendée par exemple, les magasins U travaillent davantage avec la centrale d’achat de Carquefou que leurs collègues de Maine-et-Loire, de Mayenne ou de Sarthe, qui vendent donc beaucoup moins de cœur de gamme”.
Acheter est une chose, mettre en valeur une autre. “La grande distribution ne joue pas le jeu. Tout est mélangé, on en trouve un peu partout, n’importe comment. Le consommateur ne s’y retrouve pas” se plaint Yannick Vallée. Certaines enseignes renâclent à changer leurs habitudes, comme l’affirmait Michel-Edouard Leclerc [notre édition du 26 mai].

La communication est une prochaine étape : “Maintenant que la mécanique est bien lancée, on doit passer au stade de la communication avec les clients dans les magasins” décrit Eric Mandin. “Les laitiers l’ont bien réussi avec “C’est qui le patron ?”, on doit s’inspirer de leur exemple. C’est tout l’enjeu de la signature “Eleveur et engagé”. L’objectif est de la déployer dans tous les magasins qui appliquent le cahier des charges Cœur de gamme”.

Dans cette architecture complexe, il reste aussi à clarifier le rôle des abattoirs. “On n’a pas assez impliqué les abatteurs dans la démarche” regrette Philippe Auger (lire ci-contre).

Rémi Hagel et Christian Evon
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