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Pays de la Loire - 26-06-2015 - Antoine Humeau

La nouvelle vie des Chèvres des fossés…

RACE LOCALE

La Chèvre des fossés, race ancienne qui vivait dans tout le Grand-Ouest, a bien failli disparaître, jusqu’à ce que des passionnés s’y intéressent il y a une vingtaine d’années, et fassent remonter ses effectifs.

Raphaël Rousseau emmène un de ses boucs en barque sur l’île de Port-Luneau à La Flèche, où il doit passer tout l’été en éco-pâturage. En 2000, la race comptait 35 mâles. Aujourd’hui, selon les registres de l’Institut de l’élevage, l’effectif a grimpé à 250.

Raphaël Rousseau emmène un de ses boucs en barque sur l’île de Port-Luneau à La Flèche, où il doit passer tout l’été en éco-pâturage. En 2000, la race comptait 35 mâles. Aujourd’hui, selon les registres de l’Institut de l’élevage, l’effectif a grimpé à 250.


Ce matin de début d’été, Raphaël Rousseau a rendez-vous avec des agents municipaux de la Flèche. Il a amené avec lui deux boucs. Il s’agit de les déposer sur la petite île de Port-Luneau, où ils vont séjourner tout l’été. On appelle cela de l’éco-pâturage. Les chèvres débroussaillent cet espace difficile d’accès et tout le monde y trouve son compte : c’est bon pour préserver la biodiversité, cela fait joli et donne une bonne image à la municipalité. L’éleveur amateur, qui possède une trentaine de chèvres, les loue à différentes collectivités, ce qui rembourse ses charges. D’avril à octobre, les chèvres vont d’un site d’éco-pâturage à l’autre, et y trouvent toujours de la nourriture fraîche en abondance.

Produire du lait, entretenir les fossés


Ils sont plusieurs dizaines d’éleveurs, comme Raphaël Rousseau, à s’être passionnés pour cette race ancienne, rustique, qui a bien failli disparaître. Au début des années quatre-vingt, on la signale sur les falaises de La Hague, dans le Cotentin. Mais sa renaissance commence véritablement au milieu des années quatre-vingt-dix, quand l’écomusée du pays de Rennes, qui s’apprêtait à créer son parc agropastoral, est alerté par l’existence de cette chèvre commune de l’Ouest. “En se baladant dans nos campagnes, on voyait des chèvres au piquet, raconte Raphaël Rousseau. On interrogeait les anciens sur ces bêtes à poils longs, de couleur variable. Ils nous ont expliqué à quoi elles servaient : produire du lait pour la famille”. Elevée “à la pique”, elle était aussi et surtout utilisée pour l’entretien des talus et des fossés. Un animal rustique qui n’aurait pas de rentabilité dans un élevage professionnel. “C’était la chèvre du pauvre !” poursuit Raphaël Rousseau. Un animal qui serait arrivé en France par les premiers échanges commerciaux, il y a quelques centaines d’années.


Aubépine, la tête de pont


“Les chèvres que l’on découvre au fil de nos recherches constituent une population assez disparate, il y avait beaucoup de croisées”, se souvient Jean-Paul Cillard, zootechnicien à l’écomusée. Mais un jour chez une vieille dame de la Manche, il tombe sur l’animal standard recherché : taille moyenne, poil long sur tout le corps, polychrome. La chèvre s’appelle Aubépine, ce sera la tête de pont de la race. “On en a trouvé ensuite quelques autres, et on les a amenées à la Hague pour les faire saillir par les boucs sauvages en liberté.


Mais le standard n’est pas encore arrêté, pour cette race que l’on appelle encore “chèvre commune de l’ouest”. “On a mesuré la hauteur, la longueur de poil, le tour de poitrine, l’écartement de hanche, etc., détaille Raphaël Rousseau. Au total cela faisait plus d’une centaine de mesures sur l’effectif, et quinze bonnes années de travail”. Le tout, en collaboration étroite avec le Conservatoire des races animales en Pays-de-la-Loire (Crapal), l’Institut de l’élevage et la coopérative d’insémination des races caprines Capgènes.


Ce n’est qu’en 2004 que la chèvre commune de l’Ouest devient officiellement Chèvre des fossés et que l’Institut de l’élevage lui attribue un code race. Trois ans après, l’Association de sauvegarde et de promotion (ASP) de la Chèvre des fossés est créée. C’est elle qui assure le suivi génétique et la remontée d’informations pour la tenue du livre généalogique, mais aussi le développement du cheptel sur le terrain en accompagnant et en favorisant l’émergence de différents modes de valorisation.


200 mâles, 700 femelles


En 2000, la race comptait 35 mâles et 85 femelles. Aujourd’hui, selon les registres de l’Institut de l’élevage, l’effectif a grimpé à 250 mâles et 850 femelles. Evidemment, tout n’est pas terminé, le travail de sauvegarde de la Chèvre des fossés doit se poursuivre, et avec rigueur. Beaucoup d’éleveurs, amateurs n’ont pas de connaissances suffisantes pour conduire leur élevage. Alors l’association sensibilise pour éviter les maladies par exemple. Elle organise aussi un concours, tous les deux ans au Dresny (Loire-Atlantique). “C’est une chèvre qui plaît au grand public, s’enthousiasme Raphaël Rousseau. Il n’y a pas eu de sélection sur la production laitière, elle a donc pu conserver son caractère rustique, elle est adaptée à l’élevage de plein air”. L’engouement des collectivités pour l’entretien naturel des espaces verts contribue aussi à redonner un intérêt et une utilité à cette race.


“Ce qui nous intéresse désormais, c’est de trouver des éleveurs professionnels,avance Jean-Paul Cillard. On peut faire de l’éco-pâturage, mais aussi de la valorisation fromagère”. Au sein de l’ASP de la race, on réfléchit à créer des pépinières de chevrettes, pour les éleveurs qui souhaiteraient s’installer et faire de la transformation.


Antoine Humeau


Pour en savoir plus

www.chevredesfosses.fr

www.crapal.fr


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