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Fruits et légumes - 16-01-2015

La solarisation, du tout cuit pour les maraîchers !

PROTECTION DES CULTURES //// Michel et Jean-Yves Albert, maraîchers installés à Vivy pratiquent depuis quatre ans la solarisation dans les tunnels. C'est la seule méthode efficace qu'ils ont trouvée pour s'affranchir du sclérotinia sur les salades. Ils la mettent en place de manière systématique sur les trois quarts des surfaces.

Dans les tunnels, nous avions de gros problèmes de sclérotinia sur les laitues, on perdait 70 à 80 % de la production”, raconte Michel Albert. La désinfection chimique des sols ne venait pas à bout du problème. Un essai avec un fongicide naturel à base d'un champignon parasite des sclérotes, ne donnait pas non plus satisfaction. Après ces expériences infructueuses, le maraîcher se met en recherche de solutions et découvre la solarisation, technique utilisée dans le Sud. “Normalement, ça ne fonctionne pas au nord de la Loire. C'était donc quitte ou double : soit ça marchait, soit on arrêtait la production de salades.”

Pasteuriser la terre !

La méthode mise au point en Israël vers 1975, est une pasteurisation du sol pour détruire certains organismes pathogènes. Elle consiste à poser une bâche plastique transparente sur le sol pour élever la température dans les couches superficielles (jusqu'à 30- 40 cm), pendant 45 jours à 60 jours. “Le problème dans la région était de trouver des bâches plastiques de 30 microns adaptées à la largeur de nos tunnels, en 8,5 à 9 mètres.” Une préparation du sol sur 25 à 30 cm est réalisée au préalable pour obtenir une structure fine et régulière. S'ensuit un arrosage abondant par aspersion. C'est l'humidité qui assure une bonne conduction de la chaleur en profondeur. “Sur 5 000 m2, nous avons préparé le sol comme pour un semis, puis apporté 25 mm d'eau, et posé les bâches pour deux mois. C'était en juillet 2010. La température est montée à 53 °C à 12 cm”. Après le débâchage, un travail superficiel sur 7 à 8 cm avec la herse rotative a précédé la plantation des laitues début septembre. Et le résultat fut sans appel. “Nous avons récolté 98 % des salades, sans traitement chimique !”

Le sclérotinia, mais pas que...

“On s'est aperçu que la solarisation marchait aussi sur d'autres champignons : l'olpidium, vecteur du virus de la maladie des taches orangées, le rhizoctone, et le pythium.” Cerise sur le gâteau, la technique détruit également les graines de certaines adventices : amarante, capselle, chénopode, morelle, mouron, ortie, pâturin, séneçon. Quant aux graines germées, elles ne résistent pas à la chaleur. “Maintenant, avec l'expérience, on laisse les mauvaises herbes germer avant de bâcher.” Et les maraîchers n'étaient pas au bout de leur surprise, “nous avons gagné 15 % de production et dix jours de précocité grâce à la minéralisation de l'azote accélérée par la chaleur”.

Satisfaction et économie

De ce fait, “on n'apporte pas d'azote à la première culture, juste du phosphore et de la potasse, et on n'utilise plus de désherbant”. Le coût de la technique est compensé par les économies d'intrants. “En 2012, la bâche avec la pose et la dépose nous est revenue à 1 600 €/ha, c'est beaucoup mois cher que les solutions phytosanitaires classiques et c'est naturel.” En plein champ, la solution s'avère plus coûteuse (autour de 2000 €/ha) étant donné la nécessité de poser deux bâches, sous et sur des arceaux. “C'est plus contraignant, très difficile à poser et le résultat n'est pas aussi concluant.” Le vieillissement prématuré des équipements apporte un bémol à la technique. “On va perdre un an de couverture sur les tunnels.” Il en est de même pour les rampes d'arrosage, notamment si l'aspersion est non pendulaire et les rampes en PVC. Dans le sud, les serres restent partiellement ouvertes pour éviter cette dégradation précoce.

Comment intégrer la technique dans la rotation ?

“Il faut avoir les serres libres l'été pendant cinq à six semaines.” Pour une efficacité maximale, il est conseillé de poser les bâches pendant les grandes chaleurs entre le 20 juin et le 20 août. L'EARL Albert a adopté la solarisation sur les trois quarts de ces surfaces en tunnels. Le quart restant est planté en tomates d'été. Après le débâchage, place aux cultures de salades et de tomates d'automne. “Le gros avantage, c'est l'absence de délai, on débâche et on plante le lendemain.” Ensuite, c'est au tour des radis d'hiver, puis des laitues de printemps.

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