• Suivez-nous :

accueil
Eco-gestion > Foncier > “La valeur économique, un chemin qui rapproche cédant et repreneur”
Mon panier :
0 article(s)

50 n° par an

Retrouvez bientôt le blog de l'expert

Un expert répond à vos questions en direct !

METEO

Pub Rectangulaire défaut
A+
A-

Foncier - 03-10-2014 - Rémi Hagel

“La valeur économique, un chemin qui rapproche cédant et repreneur”

Pascal Donet est responsable de développement au cabinet Altonéo, à Château-Gontier (Mayenne). Il estime que les exploitations devraient être cédées à la valeur économique : le dynamisme de l’agriculture en dépend. Pour le cédant, il faut anticiper ; pour le jeune, il faut savoir compter.


Le constat est connu : le prix de reprise des exploitations grimpe. On assiste même à “une explosion des coûts de l’installation” regrette Pascal Donet. En Mayenne, depuis 2008, les prix ont monté de 8 % par an en individuel, de 11 % pour les Gaec et de 21 % pour les EARL, mais la tendance s’est accélérée : +21 % entre 2012 et 2013 pour les Gaec. A ce rythme, plus personne ne pourra s’installer.

Ou alors, on se trouve avec des projets délirants. “On voit des cas où le prévisionnel table sur un excédent brut d’exploitation de 220 €/1 000 l, alors qu’on sait que la moyenne statistique sur huit ans est de 179 €/1 000 l. Comment le jeune va-t-il tenir ?”Certains prévoient une marge de sécurité ou des prélèvements privés dérisoires : “A la moindre variation de l’EBE, par exemple quand les aides Pac vont diminuer, ils ne pourront plus vivre. Si on accepte ce genre de dossier, on décrédibilise le conseil. Je ne veux pas que le jeune coule, d’abord parce que je veux qu’il continue à me payer” assume Pascal Donet. Il poursuit : certains reprennent un quota à l’équivalent de 2 € le litre ! “Les jeunes sont dans l’euphorie de l’installation, ils en oublient le raisonnement économique.” Au passage, il tacle l’habitude d’intégrer dans le prix de reprise la rallonge de 100 000 l au jeune : “On demande au jeune d’acheter au cédant le quota que l’administration lui donne.”


Pour enrayer cette spirale infernale, le conseiller d’Altonéo propose de changer d’attitude pour estimer la valeur d’une exploitation. Selon lui, il faut arrêter de considérer la valeur patrimoniale, et viser la valeur économique, c’est-à-dire “l’efficacité technico-économique d’une personne et de son outil”. Avant de savoir combien la banque va prêter pour reprendre une ferme, il faut savoir combien celle-ci peut dégager d’EBE. Dans l’analyse du compte de résultat, on part de l’EBE plutôt que des produits. Dans cette démarche [pour laquelle il propose une formation], “on part de la fin et on voit si c’est réalisable. Je propose des grilles de calcul dont jeune et cédant doivent s’emparer. Je veux que l’agriculteur connaisse son dossier, sache où il va”.


“Se préparer dix ans en amont”


“Il ne s’agit pas d’opposer cédant et repreneur, mais d’un changement de positionnement”. Pour le cédant, “il faut se préparer dix ans en amont”. Le principal verrou est psychologique : on n’aime pas penser trop tôt à la retraite. Ensuite, on espère décrocher le pactole. Mais le cédant doit prendre du recul. “Est-ce que son objectif est de vendre ou de transmettre ?” S’il est trop gourmand, le risque est que “personne ne reprenne”.

Si on anticipe, on peut transmettre à la valeur économique, sans se faire flouer pour autant. Le cédant définit ses besoins pour la retraite, et transcrit ce que cela vaut au total. “C’est comme un contrat sur le marché à terme.” Défini, il répond à la valeur attendue, indépendamment du prix du marché.


Rémi Hagel





Catégories : Foncier installation

Partaher par mail

RÉAGISSEZ

Vous devez etre identifié pour réagir à cette élément.

Si vous n'avez pas de compte vous pouvez vous inscrire ici

Adresse mail :
Mot de passe :
VALIDER
Pub Carré défaut
Innovations Performances Services