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Pays de la Loire - 11-07-2014 - Frédéric Gérard

Methanisation : autour d’Evron, les éleveurs 
ont changé leur fusil d’épaule

EVENEMENT / Methanisation

Des éleveurs de la région d’Evron, en Mayenne, se voyaient bien intégrer le projet d’un développeur et futur exploitant de production de biogaz. La plupart ont préféré renoncer et réfléchir aux moyens de maîtriser eux-mêmes cette source de valeur ajoutée.

Une quizaine d’éleveurs du secteur d’Evron, d’abord motivés pour participer au projet d’un développeur, ont préféré porter leur réflexion sur des systèmes plus modestes, mais dont ils ne seront pas “de simples apporteurs de matière”.

Une quizaine d’éleveurs du secteur d’Evron, d’abord motivés pour participer au projet d’un développeur, ont préféré porter leur réflexion sur des systèmes plus modestes, mais dont ils ne seront pas “de simples apporteurs de matière”.


En 2010, le développeur Vol-V Biomasse était venu démarcher la région des Coëvrons. En 2011, la communauté de communes (1) avait adhéré à l’idée d’implanter une unité de méthanisation. Les élus étaient séduits par la valorisation des déchets de collectivités (déchets verts, etc.), des entreprises agroalimentaires (Bel et Socopa) et d’exploitations agricoles du secteur. Une petite vingtaine d’agriculteurs a suivi de près ce projet. Jusqu’à cet hiver…

La valeur des plans d’épandage


La plupart des éleveurs n’ont pas trouvé un intérêt économique à fournir cette unité en fumiers et lisiers. “En décryptant le contrat, on s’est aperçu qu’on était surtout des fournisseurs de matière, et qu’avec le digestat, nous n’avions rien à gagner en plus en fertilisants. Nous aurions donc eu des contraintes supplémentaires, avec l’organisation des transports par exemple, sans en recevoir un revenu suffisant en contrepartie, pour que cela en vaille la peine”,raconte Ivan Leclerc, qui fut au départ, moteur dans l’adhésion des agriculteurs à ce projet “On s’est peut-être montré un peu naïf, complète Christophe Blanchard, autre éleveur intéressé par la méthanisation collective. On n’avait pas pris conscience de la valeur de nos terres : au début, on pensait qu’ils avaient besoin de nos fumiers, en fait, c’était surtout de nos surfaces d’épandage.”La valeur des plans d’épandage est devenue un sujet d’obstruction irrémédiable.


“Le profil des exploitations a changé”


Avec ces retraits, Vol-V a pris un peu de retard. Son unité ne tournera pas avant l’été 2016, mais elle verra le jour. “Nous sommes dans la phase de validation du plan d’épandage, de demande du permis d’exploiter, de financements, etc.”, indique Olivier Chesnais, le chef de projet. A défaut d’élevages, Vol-V s’est tourné ces derniers mois vers d’autres surfaces pour sécuriser le plan d’épandage du futur méthaniseur. Ils seraient de nouveau une vingtaine d’exploitants prêts à s’engager, selon Olivier Chesnais. “Le profil des exploitations partenaires a changé, ce sont plutôt des céréaliers.”Les apports ne seront plus les mêmes, bien sûr. Il s’agira davantage de menues pailles et de cultures intermédiaires. Or, ces matières végétales présentent un pouvoir méthanogène beaucoup plus important que les fumiers. La capacité de production de biogaz est revue légèrement à la baisse, “sans remettre en cause le projet”. L’unité injectera 1,7 million m3 de méthane, contre 2 millions initialement prévus, dans le réseau collectif ; soit l’équivalent de 15 % de la consommation des habitants d’Evron.


Chez Vol-V, on se dit “étonné” du retrait des éleveurs. Le développeur était “persuadé d’apporter une solution pour les exploitations, qui pour la plupart ont des plans d’épandage saturés, en améliorant la fertilisation des effluents (N, P) et en réglant la question des capacités de stockage”. Il leur assurait par ailleurs deux aspects non négligeables : la prise en charge de la partie administrative, très lourde et très complexe, ainsi que l’apport financier. Les éleveurs n’ont rien mis sur la table. Justement, au final, ils auraient aimé entrer au capital de la société de méthanisation. Vol-V ne le souhaitait pas, ou en part très faible.


La dynamique reste en place


Les éleveurs n’ont pas abandonné l’idée de produire du biogaz, pour autant. Mais ils préfèrent valoriser eux-mêmes leurs effluents et leurs surfaces d’épandage. Plusieurs petits groupes sont en réflexion, d’autres pensent à des unités à la ferme de 50-60  kW. Les réunions de Vol-V leur ont au moins permis d’acquérir un bagage technique pour se sentir prêts à se lancer. Mais cette fois, ils devront mettre la main à la poche s’ils veulent que leurs projets avancent. Et pour certains, trouver le moyen de valoriser la chaleur de leur méthaniseur, sur un territoire très rurale, où les usines susceptibles d’être intéressées sont plutôt rares.


Frédéric Gérard



(1) Avant la fusion avec les trois autres com com dans la 3C




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Catégories : Energie Environnement

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