• Suivez-nous :

accueil
Mayenne > Paysans, collectivités, bilan énergétique : tout ce que doit contenir un méthaniseur
Mon panier :
0 article(s)

50 n° par an

METEO

Pub Rectangulaire défaut
A+
A-

Mayenne - 03-01-2014 - Frédéric Gérard

Paysans, collectivités, bilan énergétique : tout ce que doit contenir un méthaniseur

POINT DE VUE

La Confédération paysanne concède que la méthanisation “peut être une bonne solution”. A certaines conditions.

Claire Garrot, Jean Bonsergent, Gérard Quinton mettent en avant le rôle des collectivités, vis-à-vis de l'évolution d'un projet dans le temps.

Claire Garrot, Jean Bonsergent, Gérard Quinton mettent en avant le rôle des collectivités, vis-à-vis de l'évolution d'un projet dans le temps.


Préalable
A toute pratique vertueuse, sa raison. La Confédération paysanne prône avant tout un changement des comportements : “Avant de s'emballer tous azimuts vers d'autres infrastructures énergétiques, le préalable indispensable est d'engager un travail de grande ampleur pour diminuer, rationaliser et modifier nos consommations d'énergie.” Face aux “besoins incompressibles”, le syndicat paysan concède que la méthanisation “peut être une bonne solution”. A certaines conditions.

Réalité énergétique
La Conf' estime que l'implication dans un projet de méthanisation doit impliquer une réflexion et des résultats : une exploitation agricole devrait présenter un “bilan énergétique net solide”. Globalement, “il faut regarder l'ensemble des paramètres, le nombre d'allers-retours des 
effluents entre les différents sites, etc.” Autre point, largement défendu, la non-incorporation de production végétale. “Si on utilise des cultures énergétiques, on dégrade le bilan carbone du projet.” Et en terme d'éthique, le syndicat dit non à cette forme d'apports. Selon lui, il ne faut pas produire des matières, qui plus est agricoles, pour produire de l'énergie, mais bien produire du gaz en se servant de déchets.

Implication du territoire
Le syndicat souhaiterait que soient privilégiés deux aspects de ces projets. D'abord, la présence de paysans au-delà du seul rôle d'apporteurs de matière. Mais cette implication souhaitée ne doit pas nuire à un autre grand volet des revendications de la Confédération paysanne : l'installation. “Les investissements liés à la méthanisation ne doivent pas nuire au renouvellement des générations. Le montant de reprise ne doit pas en devenir prohibitif.” La Conf' appelle aussi à l'engagement des collectivités dans ce type de projet. Une présence qui permettrait “un droit de regard” sur l'évolution d'une unité. Les militants souhaitent que soit privilégiée une “méthanisation collective et citoyenne” plutôt que des “intérêts personnels et financiers”. L'apport de déchets d'une commune est cité, ou encore, la création d'une Sem : une société d'économie mixte qui regrouperait collectivités et agriculteurs.

Conditionner les aides publiques
Dans ce même esprit, les subventions publiques attribuées à un projet pourraient être soumises à condition. L'argent public ne doit pas servir à monter un projet qui ensuite “ne respecterait pas le contrat initial”. Le bilan carbone global de l'unité, exploitations comprises, et l'engagement de “ne pas incorporer de cultures dans le méthaniseur” pourraient être des critères de “remboursement” des enveloppes versées par les collectivités.

Investissements : “Attention aux vices de concurrence”
C'est l'une des grandes craintes de la Conf', dans le temps : que l'implication ou non d'agriculteurs dans la production d'énergie modifie leur accès aux financements, auprès des banques, ou au foncier, par le besoin d'augmenter les surfaces d'épandage. Ou encore que le prix du foncier gonfle mécaniquement, de façon déconnectée des besoins alimentaires. “C'est la méthanisation qui doit rester un revenu complémentaire, et non l'élevage devenir un sous-produit du méthaniseur !”

Emploi : ne pas gommer les réalités
Les militants concèdent aux porteurs de projets, les créations d'emplois dédiées à l'activité de production d'énergie (surveillance, maintenance, logistique, etc.). Cependant, ils mettent en parallèle les risques de destruction d'emploi : “Si cela conduit à restructurer les élevages, on sait que cela détruit de l'emploi.”

Nitrates : “Pas une solution miracle”
Les militants paysans veulent écorner les discours tout faits. “Il n'y a pas de solution miracle pour réduire les nitrates. L'azote est conservé dans le digestat. Auquel il faut ajouter l'azote issu des autres déchets, apportés de l'extérieur.”

Enfin, la Confédération paysanne demande “des contrôles indépendants, inopinés et réguliers” des structures, sur les aspects techniques et sanitaires.

Frédéric Gérard


Signaler un abus

Catégories : Energie syndicalisme

Partaher par mail

RÉAGISSEZ

Vous devez etre identifié pour réagir à cette élément.

Si vous n'avez pas de compte vous pouvez vous inscrire ici

Adresse mail :
Mot de passe :
VALIDER
Pub Carré défaut
Innovations Performances Services