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Autres cultures - 03-01-2014 - Antoine Humeau

Les huiles essentielles, une solution
pour protéger les cultures ?

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Et si les huiles essentielles étaient une solution pour pallier la disparition de nombreuses substances actives de synthèse en protection des cultures ? L'Institut technique des plantes aromatiques, médicinales et à parfum (Iteipmai), à Chemillé (Maine-et-Loire) a engagé différents travaux dans cet objectif.

Flacons d’huile essentielle sur un chromatographe à l’Iteipmai. Les espoirs concernant l'utilisation des huiles essentielles pour protéger les cultures sont nombreux, mais les dicultés liées à leur mise en oeuvre également.

Flacons d’huile essentielle sur un chromatographe à l’Iteipmai. Les espoirs concernant l'utilisation des huiles essentielles pour protéger les cultures sont nombreux, mais les dicultés liées à leur mise en oeuvre également.


Depuis quelques années, l'Iteipmai a entamé un travail de prospection bibliographique sur les produits naturels en protection des cultures. Le contexte réglementaire incite à développer l'utilisation de méthodes alternatives à la lutte chimique. Ce travail a débouché sur le programme GreenProtect : il vise à explorer les potentialités biocides de substances naturelles pour des usages en protection des plantes et protection contre les moustiques. L'objectif est de sélectionner des biocides innovants dont la toxicité n'est pas importante pour l'homme et l'environnement, afin de mettre sur le marché des produits naturels et homologués. 


Pendant quatre ans, les partenaires mèneront un travail de sélection de ces substances : évaluation de leur efficacité à l'échelle du laboratoire, en conditions contrôlées puis en conditions réelles d'utilisation, optimisation des procédés d'obtention, caractérisation et optimisation de la formulation jusqu'à la validation et la faisabilité industrielle et économique de ces produits innovants. Ces travaux complètent les études menées par l'Institut technique de l'agriculture biologique (Itab) qui, l'an dernier, a travaillé sur l'inscription de certaines plantes en tant que substances de base, ainsi que les études menées par Pesticides organiques d'origine naturelle (PO2N), association qui a pour but de faire partager les connaissances et faire connaître les différents travaux sur les molécules ou extraits naturels à activité de type pesticide.


Des modes d'action divers


Les activités des huiles essentielles décrites sur les insectes sont variées : larvicides, adulticides, répulsifs ou inhibiteurs de croissance. La plupart des huiles essentielles agissent en perturbant la structure de la membrane cellulaire mais, pour certaines, des effets neurotoxiques ont pu être mis en évidence, dus à des interactions avec des neurotransmetteurs. Par leur volatilité et leur petite taille, beaucoup des constituants des huiles essentielles interagissent avec les récepteurs d’odeur des insectes, déclenchant des comportements variés : fuite, attraction, oviposition, etc.


Sur les micro-organismes, les huiles essentielles les plus efficaces sont riches en phénols (thymol, carvacrol, eugénol) ou en aldéhyde cinnamique. Certaines huiles essentielles ont démontré, au laboratoire, des activités intéressantes contre des champignons pathogènes des cultures : botrytis, penicillium, aspergillus, etc.

Comme herbicides, celles qui paraissent les plus actives sont celles à phénols (thymol, carvacrol), à cétones (carvone, pulégone) ou à étheroxydes (eucalyptol ou 18-cinéol).


Les produits commercialisés aux USA sont majoritairement des herbicides de contact qui agissent en dissolvant la cuticule recouvrant les feuilles, ce qui entraîne la mort des cellules. Cet effet ne dure pas longtemps, ce qui nécessite des applications fréquentes, à doses assez élevées (50 à 500 l/ha d’huile essentielle). Certains composés issus d’huile essentielle agissent différemment. Par exemple, la leptospermone de l’huile essentielle de Leptospermum scoparium s’est révélée être un puissant inhibiteur de la HPPD qui entraîne une décoloration et un flétrissement des adventices. Elle est efficace en pré et post-levée des adventices mais il en faut 9 kg/ha pour un contrôle satisfaisant.


Une réglementation complexe


Malgré leur image de produits naturels, les huiles essentielles ne sont pas dépourvues de toxicité. Elles font donc l’objet de nombreuses réglementations, variables selon le secteur d’utilisation. Pour être utilisées en protection des cultures, elles doivent suivre la réglementation des produits phytopharmaceutiques. Pour inscrire une huile essentielle en Europe, trois solutions existent : l'inscription en tant que substance active classique, en tant que substance à faible risque ou en tant que substance de base. Aujourd’hui, en Europe, aucune substance n’est autorisée en tant que substance à faible risque ni en tant que substance de base.

Les espoirs concernant l'utilisation des huiles essentielles pour protéger les cultures sont nombreux, mais les difficultés liées à leur mise en œuvre également. Les travaux en cours pourraient aboutir rapidement sur des applications concrètes et ouvrir de nouveaux débouchés à la filière plantes aromatiques, médicinales et à parfum.


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Catégories : culture

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